vinyl178L’été étant propice au bricolage, je profite de
la parution du numéro 98 de Vinyl pour passer
la deuxième couche*. Pour commencer, comme je ne trouverai pas mieux que l’édito maison, autant faire mien ce passage : « Le sommaire du jour pousse l’éclectisme à son plus haut niveau […]. » Les noms qui vous sautent aux yeux, page 5 ? Ella Fitzgerald, Prokofiev, Ricet-Barrier, Variations. C’est vrai qu’il est difficile de faire mieux, surtout en faisant aussi bien. Cela dit, ils ne se forcent pas, chez Vinyl, ils ne parlent que de ceux qu’ils aiment, sans s’inquiéter de savoir s’ils appartiennent à la sainte marge ou au damné show-biz. Jean-Louis Zaccaron a vu Céline Faucher, interprète fidèle de Pauline Julien ; Laurent Leclaire rappelle que Martin Circus, avant d’enfiler dans des tubes faciles mais efficaces (Ma-ry-lène, Bye-bye Cherry), fut un groupe ambitieux, tendance prog-rock. Robin Rigaut a réussi à me faire avaler qu’« il est difficile de passer à côté d’un si bel ouvrage » consacré à… Jean Sablon, un chanteur apprécié de mes vieux quand ils étaient encore un peu jeunes. Alors, j’ai lu sa chronique jusqu’au bout. C’est dire si l’oiseau sait être persuasif. Je m’en vais d’ailleurs lui rabattre un peu de son caquet en assenant que mon préféré, dans la bande à Vinyl, c’est quand même André Coatleven. Déjà, le gars, dans le numéro 97 (en fait, il faudrait signaler chaque sortie de Vinyl) consacrait quatre pleines pages à José Salcy. Remarquant au passage que la maison Vogue, pour le quatrième 45-tours du Niçois qui mettait du jazz dans son rock, aurait dû miser sur C’était mon quartier**, il témoignait d’un goût sans faute (la preuve : j’ai le même). Cette fois, André Coatleven récidive avec un article de fond sur les Variations. Et quand je vois avec quelle ardente minutie il relate la gloire et le déclin de Jo Lebb,
Marc Tobaly, Jacques « Petit Pois » Grande, Jacky Bitton et les autres (le groupe a connu pas mal de changement de personnel), je me dis qu’un de ces quatre numéros il va s’attaquer à Little Bob, depuis Les Apaches jusqu’au Blues Bastards en passant par la Story. Et moi, je veux lire ça. Alors, que vive Vinyl ! Abonnez-vous ! Voilà, j’ai enfoncé le clou.

René Troin

* Pour la première couche, lire « Du plaisir » (rubrique « Editos »).
** Pour écouter cette chanson, cliquez sur « Audace de bout de face » (rubrique « Teppaz et SLC »).

Au bout du lien, Martin Circus (première manière) joue et chante :

 

On peut écrire à la revue : Vinyl, 23 rue des Menus Plaisirs, 78690 Les Essarts-le-Roi.
On peut aussi la contacter via son site :


 

7 commentaires »

  1. D’accord (comme souvent) avec vous René, à un détail près : Jean Sablon. C’est quand même lui qui dès 1939 chantait Mireille/Jean Nohain accompagné par Django, ce n’est pas rien quand on entend la production de l’époque. Lui aussi qui a créé quelques chefs-d’œuvre de Paul Misraki dont Insensiblement. Et puis c’était un type bien. Les dernières années je vous l’accorde, c’était guimauve mais Nat King Cole et Elvis aussi…

    • René Troin dit :

      Je sais, Gilbert. C’est mon côté « sale gosse » qui ressort de temps en temps.

      • LTG dit :

        Comme il fut l’un des premiers en France à utiliser un microphone (et chanter comme un crooner), longtemps il a traîné l’image d’un chanteur qui « n’a pas de voix » ! Ce qui évidemment peut sembler surprenant aujourd’hui.

  2. Robin dit :

    Gros scandale à l’époque, l’utilisation du micro !

  3. Stéphane dit :

    Me permettrai-je une petite question – oh, fort innocente au demeurant : comment se fait-il que tu cites dans cet article quasiment tous les piliers de Vinyl, à l’exception de Xavier Barrère, qui a pourtant ces mots en page 4 du numéro 98 – le tout dernier en date et antépéncentième – rubrique Courrier : « Qu’il est réconfortant de se voir soutenu par des gens compétents tels que René Troin ! Pour ceux qui l’ignorent, il est l’un des cofondateurs […] de l’un des plus épatants blogs consacrés à la chanson francophone : Crapauds et Rossignols. »
    Ce garçon risque d’être franchement déçu (à sa place, on le serait à moins) à ta lecture, d’apprendre que non seulement il n’est pas ton « préféré », mais qu’en plus tu ne l’as même pas remarqué au fil des pages…
    Mais bon, je me fais probablement des idées, et j’ose espérer que le René Troin dont il parle n’est probablement et en définitive qu’un obscur homonyme… 😎

    • René Troin dit :

      C’est malin ! Imaginons que dans un prochain numéro Xavier Barrère parle des 45-tours Tiercé Panorama, du magazine Nous les garçons et les filles, des Missiles, de Tiny Yong ou de n’importe quel autre de mes dadas, je ne pourrai que le citer. Alors « tous les gens bien intentionnés », les mêmes dont parle Brassens – que Xavier Barrère connaît bien si j’en crois ce qu’il écrit dans le plus récent (c’est exprès que je n’écris pas « dernier ») numéro de Vinyl – diront que j’ai cédé à votre innocente pression 😉

      • Robin dit :

        4 pages ont été consacrées aux Missiles dans un ancien numéro de VINYL. Manque de bol, c’est pas Barrère, mais encore l’ami Coatleven qui décroche le cocotier !

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