On pense toujours à René...

Pour le sixième anniversaire de sa disparition, et à l’approche de la nouvelle édition du Tournoi des 6-Nations, nous avons pensé vous offrir ce texte de notre ami René Troin, fervent supporter du RC Toulon et de l’un de ses joueurs majeurs, mais qui n’en oubliait pas pour autant la chanson.

Pierre et Floréal


A deux coups de pied de Jonny

C’était un samedi de décembre de l’année dernière. J’aurais dû être devant mon ordinateur, à peaufiner un bonus pour la prochaine Semaine de Crapauds et Rossignols. Mais voilà : à la lettre, j’ai préféré la tribune « Bonnus », du nom d’un des plus fameux capitaines du Rugby Club Toulonnais (RCT). L’après-midi du 14 décembre dernier, les Rouge et Noir affrontaient le Quinze d’Exeter en match retour pour le compte de la H-Cup. « Et notre compte de chanson, il est où dans tout ça ? » protestez-vous. Croiriez-vous que je botte en touche pour tirer à la ligne ? Pas du tout, pas du tout. Car la chanson, au stade, à Toulon, elle est partout. Pour commencer, il s’appelle Mayol, ce stade. Et perpétue ainsi le souvenir de Félix Mayol, gloire locale et créateur des Mains de femme, de Viens, Poupoule ! de La Matchiche… et de tout un tas d’autres fantaisies qui l’ont rendu riche au point qu’en 1919 il a pu offrir, pour 60 000 francs-or, un écrin digne d’elle à l’équipe de rugby de sa ville natale. La chanson, dans cet endroit où, selon comme on est placé, on peut voir la pelouse (bien sûr !) mais aussi la mer, c’est encore la Coupo santo. Ce second hymne de la Provence (après le Se canta), brodé par Frédéric Mistral sur la musique d’un chant de Noël, fait trembler les gradins en prélude à chaque coup d’envoi. Et par-dessus tout ça, il y a le Pilou-Pilou, le haka du coin, scandé par les supporters dans les rues étroites qui descendent au port. Ce « cri de guerre », poussé pour la première fois dans les années 40, Gilbert Bécaud l’a peut-être entendu autour de ses quinze ans, avant de le souffler quelques années plus tard à l’un de ses paroliers, Louis Amade, pour qu’il lui écrive Pilou…Pilou… Hé. Eh, oui ! Qui sait ? Après tout, François Gilbert Léopold Silly (dit Bécaud) est né pas loin du stade, au numéro 1 de la rue d’Antrechaus. À deux coups de pied de Jonny Wilkinson – pour vous donner une idée de la distance.

René Troin

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La chanson pêchée à la ligne

« Tout près de là, dissimulée, mais plus pour très longtemps, dans le public tassé sur les gradins, une jeune et jolie inconnue, mais plus pour très longtemps, sourit avec un rien de commisération à la commissure des lèvres. Elle s’appelait Chantal Cézanne mais venait, l’après-midi même, de se rebaptiser Goya, son manager l’ayant persuadée qu’on ne réussit pas dans la chanson avec un nom de peintre. »
(René Troin,
« Chantier Schéhérazade »)

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Les oubliés

« Les oubliés », c’est le titre d’une chanson de Gauvain Sers, hommage pesant aux enseignants. Se faire le porte-parole des sans-grade et des petites gens, bondir sur tout sujet de société à la une de l’actualité, c’est le créneau dans lequel s’est engouffré notre Renaud au petit pied. Après les instits, les femmes et les agriculteurs ont eu droit à leur marmelade, puis « les gens de l’ombre », les humbles de « la France qui passe », ceux de la « première ligne », le personnel médical, la caissière de supermarché, le livreur, le SDF, etc. Ainsi a-t-il déjà dressé un prometteur inventaire à la Prévert, sans la poésie ni l’humour du grand Jacques, mais où domine un misérabilisme obséquieux et d’où dégouline un ramassis de clichés.
Il nous a semblé toutefois que certains sujets de société et nombre de laissés-pour-compte attendaient encore d’être traités ou caressés dans le sens du poil. Aussi, pour contribuer à notre modeste niveau à cette œuvre utile, dans un élan sublime et totalement désintéressé avons-nous établi une liste de thèmes non encore abordés, à notre connaissance, par le troubadour d’Universal. Merci qui ?

– Les éboueurs
– Les pompiers
– Les trans
– Les handicapés
– Les nains
– Les taulards
– Les antivax
– Les sans-papiers
– L’enfance maltraitée
– La pédophilie dans l’Eglise
– La chanson en marge
– L’écriture inclusive
– Les gros.ses
– Zemmour (mais il doit être en train de l’écrire)
– Les victimes d’erreurs judiciaires
– Le petit Grégory
– Sacco et Vanzetti
– La chasse
– Les abstentionnistes (là faut se dépêcher, l’élection approche)
– Les animaux dans les cirques
– La disparition des fabricants de casquettes creusois
– Les ratons-laveurs

Pierre Delorme et Floréal Melgar

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 crapaudf

Floréal Melgar Cofondateur de Radio Libertaire. Animateur du Forum Léo-Ferré pendant dix ans.
 

Pierre Delorme Auteur-compositeur-interprète. Professeur à l'Ecole nationale de musique de Villeurbanne. 
 

rossignolfRené Troin Expert chanson sans assurance.

 



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LTG

Absents le temps d’un long week-end studieux, les trois gars n’ont pas voulu laisser leurs lecteurs sans nouvelles. Aussi en ont-ils écrit trois, inspirées par une ou des chansons de leur choix.

LTG

Durant la période dite trêve des confiseurs les trois gars furent mobilisés sur le front grand-parental,  une bonne excuse pour ne plus rien écrire, manger des chocolats et laisser tomber les lecteurs. Cependant, honteux de leur attitude cavalière, ils décidèrent de donner quand même un peu de lecture à leurs hôtes, sous la forme de trois contes de Noël. Trois contes dans lesquels vous retrouverez les aventures de Mingus et Younsouna, de Johnny-au-disque-d'or, et de Balthazar Brassens, Melchior Ferré et Gaspard Brel.  Les personnages et les situations de ces récits étant purement fictifs, toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite, il va sans dire...

Pierre Delorme

C’est Pierre qui a commencé en m’envoyant deux vers et en me mettant au défi d’en tirer une fable. Il faut dire que le nom du site poussait vers ce titre à la La (ah ! là là !) Fontaine : « Le crapaud et le rossignol ». Je m’y suis donc collé. Après quoi (coâ) Pierre s’est pris à son propre jeu. Et Floréal ? Il a fini par sortir du bois (où chante le rossignolet) pour aller droit au but.

René Troin

L’an dernier, Flavie Girbal et David Desreumaux, les éditeurs du « mook » « Hexagone », se sont tournés vers nous pour nous demander de leur fournir une chronique régulière écrite en duo, baptisée « Moderato ma non troppo ». Avec leur accord, nous publions ici même les textes que nous leur avons fournis, dans une nouvelle rubrique, « Chroniques mookeuses ».

Pierre Delorme et Floréal Melgar