Sur l’air de « Mont-Saint-Aignan »
(Allain Leprest/Romain Didier).

rouenJ’ai laissé des sacs de poires noires
De courgettes et de radis noirs
Des camions d’pompiers, des sirènes
L’air qu’on respire à perdre haleine
Un masque à gaz et du collyre
Un chien et son dernier soupir
Quelques galettes d’hydrocarbure
Une nature morte dans la nature
J’ai laissé des tas d’oiseaux morts
Gisant au pied du sycomore
Un gouvernement rassurant
Dans le jardin de mes parents
A Mont-Saint-Aignan, près de Rouen

J’ai laissé couler l’robinet
Un drôle de liquide en sortait
Un mal de tête et des nausées
Un communiqué du préfet
La p’tite fille du toubib d’en face
Chez qui plein de patients s’entassent
Ils toussent, ils crachotent, ils vomissent
Et certains même s’évanouissent
J’ai laissé un canari mort
Dans l’pentasulfure de phosphore
Une petite couche de lubrifiant
Dans le jardin de mes parents
A Mont-Saint-Aignan, près de Rouen

J’ai laissé un agriculteur
Qu’aura du mal à faire son beurre
Adieu veaux, vaches, putain d’usine !
Plus de lait, good bye margarine !
L’accordéon de mes poumons
Dans la nuit noire du goudron
Un dangereux feu d’artifice
Qui mettait ma gorge au supplice
J’ai laissé un nuage de fumée
Plein d’hydrocarbure sulfuré
Et des additifs détergents
Dans le jardin de mes parents
A Mont-Saint-Aignan, près de Rouen

Floréal Melgar

3 commentaires »

  1. giacometti dit :

    je languis de te l’entendre chanter !

  2. Jan gérard dit :

    Construire les usines chimiques en montagne et chanter au mont sans-souci, en Auvergne, avec Jean-Louis Murat lors du prochain sinistre, en goguette !

  3. Un partageux dit :

    « good bye margarine ! »
    Là, vraiment, on atteint le sublime…

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