J‘ai vu à la télévision un reportage sur la nouvelle sensation rap qui bouscule tous les codes du genre, paraît-il, le groupe PNL. Un reporter s’était rendu devant une grande enseigne parisienne où PNL 2l’on vend encore du CD, pour interroger les gens qui passaient à portée de micro. Connaissaient-ils PNL ? La plupart ignoraient tout de ce groupe. Disons à leur décharge que PNL ne passe ni à la radio ni à la télé, que c’est avant tout un phénomène internet et que les personnes interrogées avaient toutes passé depuis quelques années au moins leur treizième ou quatorzième anniversaire, ce qui dans ce domaine est une sorte de handicap.
Personnellement, je n’en avais jamais entendu parler non plus, mais mes treize ans sont plus de cinquante ans derrière moi, alors pensez, PNL…
Notons que j’ai vécu jusqu’à présent sans PNL et que je pense pouvoir continuer sans eux sans grand dommage. Mais j’ai été frappé dans ce reportage par le témoignage d’une petite mémé à cheveux blancs qui a répondu à la question du journaliste en rigolant : « Oh, moi vous savez, j’en suis restée à Reggiani, Brassens et Brel, que j’écoute toujours avec plaisir d’ailleurs, alors, hein… demandez donc à quelqu’un de plus frais ! » Et la petite mémé est repartie avec son cabas à provisions, le sourire aux lèvres.
Assis sur mon canapé, je me suis senti d’un coup pas bien frais non plus, et même assez vieux… il est vrai que mes cheveux sont gris et que je suis un pépé aussi, ce que mes petits-enfants se font un devoir de me rappeler chaque fois que je les vois.
Du coup, j’ai eu envie de réécouter une chanson de Reggiani, Le temps qui reste, puis une de Brel, Les vieux, et un petit Brassens pour terminer, Le temps ne fait rien à l’affaire !
Pas bien frais, c’est vrai, mais enfin, tant que la date de péremption n’est pas dépassée…

Pierre Delorme

2 commentaires »

  1. Un partageux dit :

    « Écris donc « Œufs frais » sur la porte ! En deux mots, imbécile ! » (Ricet Barrier dans Les Vacances)

    J’avais lu « PNL » quelque part sans savoir de quoi il retournait. Grâce à vieux citron (Pierre, vous voudrez bien me pardonner…) voilà que je découvre qu’il s’agit de rap. On avance.

  2. Un partageux dit :

    Le rap me plonge dans un ennui profond, profond, profond. Prenons un autre angle de vue.

    PNL a tout de même vendu cent-mille rondelles de plastique en une semaine. Cent-mille ! Et on nous dit depuis des années que le disque, c’est fini… En lisant vite (dans la librairie) un livre vite écrit, j’avais noté qu’un disque de rap qui tournait à peu près faisait quand même soixante à quatre-vingt-mille ventes. http://www.crapaudsetrossignols.fr/2017/02/28/tout-change/
    Par ailleurs je viens de lire que le cd représentait encore 45% des ventes de musique. Je me demande bien où on les achète…

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