Sur les réseaux sociaux comme ailleurs, je suis d’une assez grande discrétion en ce qui concerne mes chansons, les plus anciennes comme celles que je continue à écrire et enregistrer pour le Comparaisonplaisir. Cependant, il arrive que des personnes qui les apprécient en publient quelques-unes sur leur page Facebook. C’est sympa de leur part. Cela donne lieu à des commentaires de leurs amis, commentaires qui me permettent de constater que rien n’a changé depuis les lointaines années où je tentais de faire connaître mon travail.
Les rapprochements les plus inattendus me laissent dubitatifs, comme ils me laissèrent parfois pantois hier.
Aujourd’hui, je me retrouve au fil des commentaires en compagnie de Pierre Louki et Jean Ferrat… ce qui est flatteur et nouveau pour moi, même si personnellement je ne vois pas ce qui peut me rapprocher de ces deux chanteurs, mais pourquoi pas ? Plus loin, je me retrouve pris en sandwich entre Bruno Ruiz et Môrice Benin, bien connus des amateurs de chanson poétique. Bon…
Un autre commentateur précise que même si telle chanson de mon cru n’est pas trop mal et que les sentiments exprimés y sont bons (!), elle demeure trop simple au niveau des mots pour qui aime Georges Brassens ou Pierre Perret, qui sont donc bien meilleurs.
Finalement, je me demande s’il n’est pas plus facile de s’entendre dire qu’on est « moins bon, moins bien » que tel ou tel très célèbre (généralement, on le sait déjà !) plutôt qu’être comparé à des gens, au demeurant très estimables, mais avec lesquels on ne sent pas d’affinité artistique particulière. On ne choisit pas sa famille, c’est connu, mais on ne choisit apparemment pas non plus celle que vous imposent les auditeurs.
On peut aussi imaginer que dans le domaine de la chanson la plupart des gens n’ont d’autre boussole que celle de leurs goûts (ou de leurs dégoûts), et qu’ils disposent de quelques points de repère auxquels ils ramènent tout ce qu’ils découvrent. C’est évidemment décevant pour l’ego des auteurs de chansons qui aimeraient qu’on leur trouve une singularité. Mais c’est un peu la loi du genre. On se rêve singulier, on se découvre pluriel.

Pierre Delorme

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