Le « maître de la chansons française » et de l’optimisation fiscale semblait bien riquiqui sur les pavés de la cour des Invalides. On avait joliment drapé son cercueil dans le drapeau tricolore et onSans titre avait déposé devant lui des fleurs aux trois couleurs de l’Arménie, cette Arménie qu’il nous a vendue aussi bien qu’Enrico son Algérie natale*. On avait presque envie qu’un coup de vent léger passe afin de vérifier qu’une main reconnaissante n’avait pas glissé subrepticement sous le drapeau français celui de la Confédération helvétique ainsi que celui du Grand-Duché du Luxembourg. Mais il faut se méfier des fakenews.
Il est donc parti le poète, l’amoureux de la langue, celui dont on vante les textes ciselés (même quand ils avaient été écrits par d’autres, mais ne soyons pas regardant). Les bidasses de service ont présenté les armes, il y avait des manières de légionnaires ou de spahis, genre Pépé le Moko. Il est parti le poète, aux sons de la Garde républicaine, escorté par l’armée de soldats de plomb du petit Emmanuel. « Emmenez-moi » chantait la musique de la Garde… Eh bien, me suis-je dit, emmenez-le et qu’on n’en parle plus !
Enfin, on pourra quand même retenir de cette matinée un élément positif. Pour une fois, Jupiter a réussi à causer en public sans mépriser personne. Il n’a pas dit au premier ministre arménien « Vous dites des bêtises ! », c’est déjà ça. Il faut dire qu’hier encore, comme aurait dit le « petit » Charles, il avait gaffé une nouvelle fois sur les terres du « grand » Charles. En visite par là-bas, il a estimé que les Français se plaignent trop et il a rabroué une dame qui râlait parce que sa petite retraite de 500 euros avait encore diminué.
Je me demande si cette dame avait déjà acheté un disque de Charles Aznavour dans sa vie… Si oui, même si elle n’a pas fait beaucoup progresser le PIB de la France, elle pourra au moins s’enorgueillir d’avoir contribué à bâtir la fortune d’Aznavour.

Pierre Delorme

* Aznavour aurait dit en entrant pour la première fois dans l’appartement d’Enrico Macias à Paris « Eh bien, mon cochon, ça valait le coup de perdre l’Algérie ! ». Sans doute une fakenews de l’époque.

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