boxeDans son billet « Pourquoi ces deux-là ? »*, l’ami Pierre Delorme avait exprimé un point de vue qui aurait pu lui aussi choquer bien des groupies de Gauvain Sers, mais « Crapauds et Rossignols » est évidemment loin d’être en capacité de faire un buzz comparable à celui qui a mis le petit monde de la CFQ en émoi après la démolition en règle du clone de Renaud par Christine Angot dans l’émission télé de Ruquier.
Pas jaloux pour un sou des stars du petit écran, qu’il nous soit permis toutefois de revenir sur le sujet sans partager pleinement, encore une fois,  l’indignation outrée qui s’est emparée de ce petit monde au lendemain du sacrilège. Pour commencer, nous sommes d’accord sur un point : Madame Angot a toujours été particulièrement désagréable. Et le fait de s’être aperçu qu’elle pouvait aller jusqu’à être payée pour cela n’atténue en rien, bien sûr, cette évidence. Mais si l’on met de côté un instant la question de la forme, son propos ce soir-là n’avait rien de particulièrement scandaleux sur le fond, et peut même être partagé par des amateurs de chanson qui regretteront simplement que ledit propos ait été formulé avec cette violence.
Affirmer qu’à l’écoute de Gauvain Sers on pense illico à l’auteur dHexagone, et qu’on ne pense qu’à lui, que l’on se sent parfois plongé dans l’univers naïf, pour rester gentil, d’Amélie Poulain, relève plutôt d’un sens critique évident que d’un supposé désir de nuire, pour peu que ces choses-là soient dites autrement que sous la forme détestable qu’affectionne Mme Angot.
Une fois de plus, les réactions indignées, qu’on pourrait comprendre si elles ne s’en prenaient qu’à la seule méchanceté professionnelle de Christine Angot, montrent hélas une rigidité sectaire et une absence de sens critique chez nombre d’amateurs de chanson, prompts à élever les coqueluches d’un moment en vaches sacrées intouchables, à trouver des « poètes » à foison à chaque coin de scène, et à entrer en fureur si vous restez parfois dubitatif devant leurs emballements exagérés.
L’autre question que pose bien sûr cet événement est celui de la présence d’un artiste dans ce genre d’émission de merde, tout à la fois fosse aux lions et rigolodrome obligatoire. Tout est affaire de choix, dans la vie. Et s’il est sans doute compréhensible qu’on souhaite faire connaître son œuvre à un large public, on peut aussi, à tout accepter, y laisser un peu-beaucoup de sa dignité, surtout quand devant la violence d’une salariée de la médiocrité télévisuelle on se comporte, en guise de réaction, comme un petit garçon qui se fait gronder par sa maman. Etre un chanteur de gauche, c’est bien, il en faut pour satisfaire un certain public, mais cela demande aussi d’être à la hauteur en certaines circonstances. Et je songe alors à ce qu’aurait pu être la réaction d’une Colette Magny ou d’un Lény Escudero, même débutants, si la première Angot venue de l’époque leur avait parlé de cette façon…

Floréal Melgar

5 commentaires »

  1. Chris Land dit :

    La réponse de Gauvain sur sa page Facebook suffit à elle seule à démontrer qu’il n’est nul besoin de remonter le temps pour trouver une réponse pertinente et non-violente à cette tempête médiatique (dans un verre d’eau) !
    Bravo Gauvain ! Un peu de finesse et d’ironie face au bulldozer ambiant…

    • Floréal Melgar dit :

      Je crois qu’Universal, qui se débrouille aussi pas mal en matière de bulldozer, a su manoeuvrer l’autre « bulldozer », médiatique en l’occurrence, ne te fais pas trop de soucis pour Gauvain Sers.

  2. Norbert Gabriel dit :

    Bon je suis en partie rassuré, je ne suis pas seul à être un vieux ronchonchon qui rame à contre-courant… Hisse et oh…

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