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Voilà une paye que nous n’avons pas publié d’article sur le site. Peut-être un manque d’inspiration et d’enthousiasme en est-il la cause. A moins qu’il ne se passe simplement pas grand-chose de bien extraordinaire dans la chanson en ces temps bizarres où la mise à sac complète par nos « élites » de ce qu’il restait de la démocratie et les incertitudes géopolitiques diverses nous préoccupent l’esprit.
La chanson semble aller son train. Générationnelle ou non, de qualité française ou pur produit du marketing (est-ce que cela existe encore ?), elle se porte bien. Les jeunes pousses fleurissent tous azimuts, dans les marges du métier comme dans les bureaux des majors. Il y a de tout, pour tous les âges et tous les goûts. Sans compter internet, formidable outil de diffusion massive et surtout formidable mémoire de la chanson. Non, décidément, jamais peut-être elle ne fut mieux servie et jamais ses amateurs fervents ne furent comblés d’autant de bienfaits. Pourtant, le bémol qu’on peut apporter concerne le spectacle vivant, les concerts de chansons. Il y a toujours un hiatus notable entre les grandes salles de concert réservées aux artistes ayant accédé à la notoriété, soutenus et produits par le « métier », et les petits lieux, très vivants grâce à l’enthousiasme de ceux qui les animent et les gèrent, mais qui sont hélas assez rares. Ils sont dédiés aux artistes en herbe et aux « entre deux âges », ou même aux « anciens », qui n’ont pas eu l’heur de rencontrer le succès populaire. Toute une frange de la chanson s’est réfugiée dans ces lieux et même dans les appartements à grand salon ou dans des bistrots divers. C’est sympa et triste en même temps. Peu de salles moyennes et surtout peu de théâtres programment de la chanson, ou alors parfois des comédiens qui chantent, mais c’est tout.
En même temps, le nombre de postulants à ce métier est devenu si important que même en multipliant les petites salles et les salles moyennes il n’y aurait pas assez de place pour que tout le monde puisse s’exprimer.
C’est un casse-tête et un paradoxe. D’un côté, les possibilités offertes par internet, ainsi que le faible coût de la production d’un CD et d’un clip, encouragent à se lancer et à essayer de faire connaître son travail, et d’un autre côté il est pratiquement impossible de trouver des « dates », dignes de ce nom, pour progresser et apprendre le « métier » de la scène, ou simplement faire vivre ses créations.
A part ça, la chanson se porte bien. Ses serviteurs sont de plus en plus nombreux, bons ou mauvais, connus ou inconnus, ils abondent. Pendant ce temps, nous changeons d’époque, nous sommes tous les quatre matins à une charnière « historique », c’est du moins ce que disent les experts qui causent dans mon poste. Mais ils semblent aussi peu optimistes et aussi peu éclairés que nous, les gens.
Et la chanson va son train, sans doute n’a-t-elle pas besoin de nous pour vivre sa vie, elle ne fait que nous traverser.

Pierre Delorme

3 commentaires »

  1. Comte dit :

    Vous trouverez, j’en suis bien sûr, pour se mettre au goût du jour une chanson ou des chansons chantant la démocratie, la révolution. Je compte sur vous. Amitiés et plus.

  2. barkan dit :

    « Je chante donc je suis » … Voire même j’essuie .. les plâtres les tomates, les bravos … les rappels à l’ordre : place aux « jeunes »… qui, tant qu’à galérer pour trouver un job, galèrent pour un truc qui leur plait … tant qu’à faire ! Et dans le lot, c’est vrai, y a de bonnes choses …
    Mais quand j’écoute un télé-crochet – je connais, j’y suis passé – je suis quand même consterné : 8 sur 10 chantent en anglais … notre langue sera bientôt reléguée au rang de dialecte regional … vous avez dit le progrès ? Ah bon …

  3. sarclo dit :

    Toutes les instits ont l’âge d’or de la chanson dans les cabinets, Brel, Ferré, Brassens en noir et blanc avec des verres et des clopes… C’est drôlement bien que tu relèves qu’on est aujourd’hui drôlement nombreux et divers à suivre ou à s’affranchir de ces bustes tutélaires, et si les salles et les artistes sont trop nombreux pour rencontrer des foules, il en restera probablement quelque chose. C’est à la fois difficile et sain, et c’est vrai qu’internet consigne tout ça de façon incroyablement riche…

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