erato« L’amertume que peut donner ce prix Nobel ne tient pas au choix de l’artiste mais à la caution que les jurés apportent à l’idée si répandue et si politically correct que les vrais poètes d’aujourd’hui sont les chanteurs. »
« Mais dire que Bob Dylan est un nouvel Orphée, que la chanson renoue avec la vieille alliance de la poésie et de la musique, c’est de l’escroquerie intellectuelle. »
« … je n’aime Bob Dylan que très très modérément, alors que je suis, comme vous, un amoureux de la chanson française, les Trenet, Brassens, Ferré, Brel, Barbara, etc. Mais pas une seule seconde il ne me viendrait à l’esprit de mettre sur un pied d’égalité leurs belles chansons avec un seul poème de Verlaine, Larronde, Tardieu, Esteban, Bonnefoy ou Jaccottet. »
« Hélas, quels temps durs pour la vraie poésie ! »
« La poésie est une chose, la chanson en est une autre. Gainsbourg (immense chanteur, musicien et parolier) avait raison. Un texte de chanson n’est pas un poème. Aucun texte de Brel, par exemple, ne tient sur le papier, mais c’est un excellent chanteur. »
« Non, vraiment, le prix Nobel de littérature 2016 est une trahison. »
« M. Dylan, malgré la référence de son nom de plume à Dylan Thomas, n’est sans doute ni un grand poète ni un grand écrivain. Et le penser, c’est quand même aller vers une facilité certaine (je sais, je vais me faire des ennemis !). Quand on lit Paul Celan, Yves Bonnefoy ou Ingeborg Bachmann (pour ne citer que des auteurs décédés), nous sommes quand même appelés vers d’autres sphères ou profondeurs. »

4 commentaires »

  1. Cyril C.Sarot dit :

    « Quand on lit Paul Celan, Yves Bonnefoy ou Ingeborg Bachmann (pour ne citer que des auteurs décédés), nous sommes quand même appelés vers d’autres sphères ou profondeurs. » Normal donc que les commentaires tirent vers le bas (en même temps, on ne peut pas le nier, les auteurs morts ont en effet rejoint d’autres profondeurs).

  2. Norbert Gabriel dit :

    C’est toujours assez rigolo ces concerts de lamentations sur la poésie, la situation ne me semble pas avoir beaucoup évolué depuis 150 ans, Guy Lévis-Mano, « GLM », a édité des séries de livres remarquables, d’une typographie élégante et raffinée, avec la fine fleur des poètes français et ses tirages de quelques centaines d’exemplaires ont mis des dizaines d’années à se vendre, avec des dessins originaux de peintres célèbres pour les plaquettes de Prévert, ou de René Char, Andrée Chedid, Tzara et une ribambelle d’autres… GLM c’est pas la préhistoire, c’est de 1930 à 198O…

  3. Un partageux dit :

    « How many lines must a man write down
    Before you can give him a price »

    Les anglophones se sont beaucoup amusés à écrire une foule de pastiches de Dylan pour moquer les grands esprits offusqués. J’ai rigolé en songeant à tout ce que l’on pourrait faire sur Chimes of freedom

  4. Patience… Dans 50 ans, le prix Nobel de littérature sera donné à un concepteur de jeux vidéo, et là tout le monde regrettera le temps où on le donnait à Dylan (qui succède à Russell, Bergson ou Churchill, qui n’étaient pas de grand poètes…).

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