CiseauxNous ne nous sommes jamais privés de rappeler dans nos articles que le temps  passe, pour le meilleur et pour le pire, du moins dans le domaine de la chanson.
Ce matin, un jeune gars sur la route du succès éphémère était l’invité d’une émission de la radio de service public. Il avait choisi des chansons qui lui plaisent, auxquelles « répondaient » celles choisies par l’animatrice. Peu importe d’ailleurs le principe de ce « match », c’est sans importance. Le point est qu’à un moment de l’émission l’animatrice dut diffuser Paris Mai, une chanson de Claude Nougaro et Eddy Louiss, choisie par le jeune artiste (une preuve indéniable de son bon goût). Certes, la chanson est un peu longue pour le format radio puisqu’elle dure environ six minutes, mais était-ce une raison pour la stopper net dans son élan au moment où le chanteur « plonge vers un pont où penche un étudiant » ? Nous n’aurons pas entendu la suite, qui aurait sans doute été une découverte pour de nombreux auditeurs. Pourquoi pas, me dis-je ? Après tout, on peut comprendre certaines contraintes radiophoniques, mais l’animatrice aurait quand même pu prendre la peine de signaler qu’il s’agissait d’un extrait d’une chanson normalement plus longue, qu’on avait dû la couper, etc. Sans doute a-t-elle considéré que cette chanson est tellement bavarde et difficile à suivre pour l’auditeur moyen (et elle-même!) qu’il n’y avait pas de commentaire à faire et qu’il convenait de la replonger rapidos dans les oubliettes d’où elle était sortie. Qu’est-ce que c’est que ces histoires d’« eau bénite dans la Seine », « de Sorbonne et d’eau de vie dans une vieille bonbonne », qu’est-ce que ce monde où chacun rentre « chez » son automobile ? Trop compliqué, on n’y comprend rien !
J’aurai quand même appris au passage que la scansion de Nougaro était du spoken word, ce dont je ne me serais jamais douté lorsque j’avais entendu pour la première fois, il y a maintenant plus de quarante ans, cette chanson magistrale qui m’avait laissé baba (cool) !

Pierre Delorme

2 commentaires »

  1. Un partageux dit :

    « J’aurai quand même appris au passage que la scansion de Nougaro était du spoken word »

    Oh ! Moi qui pensais que c’était plutôt du « talking blues » comme on le disait aux USA quand j’étais plus jeune… Bon, c’est vrai, un Woody Guthrie, auteur d’un bon paquet de « talking blues », ne saurait être pris pour une référence. La jeune génération de « This land is your land » terminerait avec une invitation exhortation de l’animatrice à une activité sexuelle explicite.

  2. Charles dit :

    Il manque un auteur.

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