IMG

Sur une table de nuit, détournée de sa vocation, reposait un Teppaz à piles avec, posé sur le plateau, le 45-tours affichant Qu’elle est belle cette nuit, La découverte, L’amour en cage et, bien sûr, Demain tu te maries (arrête, arrête, ne me touche pas). Le saphir, tel que je le voyais reposer sur le vinyle, était prêt à sillonner cette ultime plage.
« Tu peux écouter, mais c’est plus cher. »
L’offre était alléchante mais je la déclinai, arguant que je n’avais pas de ronds pour un Pschitt Citron. La suite de l’exposition se composait d’articles découpés, extraits pour la plupart de Bonjour les amis (Triton avait un voisin sympathisant communiste). Ces quelques pages punaisées avec goût sur une penderie offraient un survol suffisant de celle dont la légende colportait qu’à la question « Que vous a apporté votre participation au festival de San Remo ? », elle avait répondu : « Sans Remo, je ne serais personne. »

René Troin,
La Crau (Arizona),
Deleatur, 2002

Soumettre un commentaire »