DSC0526Il tombait une petite pluie fine sur Toulon et sur la petite commune du Var où eut lieu la cérémonie d’adieu à notre ami René. Il y avait la famille, les parents, les amis, comme toujours dans ce genre de circonstances.
René nous attendait dans un genre de petite chapelle sobre. Il nous a accueillis au son d’Eleanor Rigby , la belle chanson des Beatles qu’il aimait beaucoup. Nous avons pris place. Nous avons écouté des témoignages d’amis. On a lu un passage de La Crau (Arizona), le très beau livre qu’a écrit René sur son enfance et sur ses origines. Une chanson de Françoise Hardy sur la mort, Tant de belles choses, est venue faire un doux et joli clin d’œil aux amis facebookiens. Dieu aussi est venu faire un tour, mais discrètement (comme savait faire René) pour ne froisser personne. Certains ont dit des prières, d’autres ont pensé comme ils voulaient. Chacun à sa manière a salué une dernière fois notre ami. Puis il est sorti au son des guitares de Daniel Lanois sur lesquelles s’élevait majestueusement la voix de « Bob », comme disait René en parlant de Dylan (Not Dark Yet). Cette voix qui le touchait tant.
indexNous sommes sortis à notre tour et nous sommes restés sur le parvis un moment, en petits groupes qui parlaient bas. Mais René était déjà plus loin. La petite foule s’est alors éparpillée lentement, sous les parapluies, chacun emportant dans sa tête son souvenir de René. Et c’est désormais ainsi qu’il vivra, en chacun de ceux qui l’ont connu et aimé. N’avions-nous pas entendu quelques minutes plus tôt, lu par sa petite-fille, un extrait de Rues des Boutiques Obscures de Patrick Modiano :

Vous ne voulez vraiment pas garder tous ces souvenirs ? lui demandai-je.
Ils sont à vous maintenant. Je vous passe le flambeau.

Pierre et Floréal

4 commentaires »

  1. Caroline Ruelle dit :

    En pensées avec vous…

  2. Michèle D dit :

    Merci Pierre et Floréal pour cet émouvant hommage. Une façon de partager avec ceux qui, comme moi, n’ont pas pu être là.

  3. Dalichoux catherine dit :

    Merci à vous deux En ce dimanche soir, même avec un verre de whisky « Glen Deveron » trouvé dans les placards de la maison de Saint-Albain, j’ai le coeur triste. Nous avions encore tant de choses à partager.

  4. moreno david dit :

    Je vais sans doute passer pour un profane, moi qui ne sais pas écrire sans faire de fautes mais voilà ce que j’ai sur le cœur. Je l’ai connu il y a trente ans environ et je ne l’ai découvert que ces dix dernières années…
    Grâce à lui, avec quelques amis (Clément en tête), on a découvert le rock et les années soixante, à l’heure où d’autres découvraient le rap, et dont vingt-sept ans plus tard je n’arrive pas à me défaire ! Je l’ai croisé ces derniers temps, je lui posais des questions sur un livre ou je lui demandais son avis, des échanges brefs, tout en discrétion, mais bien avisés. J’ai eu la chance de lire son livre, je sais qu’il y en a un autre, je prolongerai ce que j’ai compris trop tard à travers les lectures de ses livres…

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