truc-de-ouf-quoiTout le monde (ou presque) a déjà pu constater qu’un petit enfant à qui on a offert un tas de jouets sophistiqués préfère parfois jouer pendant des heures avec un simple bout de bois ou encore un ustensile ménager. Je me demande si, devenus adultes, nous ne sommes pas encore comme cet enfant. Une fois tranquille et débarrassé du vernis culturel dont on est bien obligé de se parer pour avoir l’air éduqué et civilisé, nous préférons parfois une simple petite chanson, qui nous fait plus d’effet et de profit que toutes les toiles de maîtres d’un grand musée ou n’importe quel opéra ou symphonie. Évidemment, dire qu’on est davantage touché par une chanson que par un tableau de Manet, un opéra de Bizet, ou encore telle page de Proust, n’est pas toujours possible. Il y a une injonction sociale à « jouer » avec les objets culturels sophistiqués qu’on nous propose, alors que nous aimons mieux au fond, le plus souvent, un simple bout de bois. Comme les enfants.
Notons quand même que nous revenons vers des temps où certains enfants n’ont déjà plus qu’un bout de bois pour jouer. Comme d’autres, à certains moments de grand désarroi, n’ont plus que des petites chansons pour toute culture. Sans doute parce que, dans ces instants particuliers, loin de nous poser de grandes questions comme de savoir si la chanson est oui ou non un art majeur, celle-ci ramène chacun de nous à sa propre histoire, à ses « bouts de bois », plus sûrement que Le Déjeuner sur l’herbe ou une cavatine des Pêcheurs de perles.
Et de même que le simple bout de bois est pour l’imagination de l’enfant un support plus stimulant qu’un jouet sophistiqué, une chanson est un prétexte bien moins contraignant qu’une grande œuvre pour l’exercice de notre sensibilité.

Pierre et Floréal

2 commentaires »

  1. Danièle Sala dit :

    Bien vu !… Et le carton ! le carton, il est cabane, il est bateau, il est camion, le carton ! Et j’en ai vu des enfants jouer avec des cartons, des bâtons, et beaucoup d’imagination, et c’est pareil pour les chansons, on y met tout ce qu’on veut dans le
    « Une chanson c’est peu de choses
    mais quand ça se pose
    Au creux d’une oreille
    ça reste là allez donc savoir pourquoi »
    Et ça n’empêche pas d’aimer un air d’opéra, un tableau, un livre.

  2. Un partageux dit :

    Alors là, les gars, chapeau bas, l’image est tout simplement excellente !
    Et très parlante ! Il y a dans nos garage, maison et voiture des bouts de bois, des pierres et des cailloux, des plumes, des os et des cornes, des carapaces d’insectes et des coquilles, des morceaux de plastique et de métal, des épaves de parapluie et des accessoires de joggeur. Ça va jusqu’aux oiseaux et musaraignes dans le congélateur. Bref, tout ce que junior peut collecter dans les bois comme dans les rues. Alors qu’il a — merci les vide-greniers à prix dérisoires — d’incroyables machins alambiqués de toute la diversité commerciale planétaire…

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