AufrayOlympiaMon père disait : « Arrête avec ce disque, on va finir par voir à travers ! » Il n’avait pas tout à fait tort : j’ai fini par le rayer le 33-tours Hugues Aufray – Olympia 64. C’est vers la fin de la deuxième face que le saphir bégaie. J’ai dû déraper une fois de trop en revenant sur le passage dont je ne me lassais pas (à onze ans, on est parfois un peu obsessionnel) : la présentation de l’équipage du Santiano. Sur des accords au galop, le chanteur, qui sentait l’écurie après un parcours sans faute (Je reviens, Tout le long du chemin, N’y pense plus, tout est bien, Le Cœur gros, Dès que le printemps revient, et j’en passe du même niveau) se lâchait. Il poussait des « Hey ! », « Arrrgh ! », « Hiuiui » et « Di-di-du-di… Ya ! Ya ! » avant de nommer tour à tour : « Tout à fait à votre gauche, Freddy Street ! À la contrebasse, Francis Dunglas ! Au banjo, Tatcho Fantini ! Michel Langouet ! Et enfin, Claude Mevel ! » Michel Langouet et Claude Mevel s’appelaient comme mes copains d’école. Francis Dunglas et Freddy Street sonnaient déjà plus sérieux avec leurs noms de troisièmes rôles dans Oliver Twist ou David Copperfield. Mais le plus fort, c’était quand même Tatcho Fantini. Ce soir-là, à l’Olympia, Hugues Aufray a fait claquer le « djo », le « Tat », le « tcho » si fort et net que cinquante ans plus tard, je peux réciter dans l’ordre : « Au banjo, Tatcho Fantini ! » Et il semble que je ne sois pas le seul. Le gars Fantini occupe quatre pages du forum du site officiel d’Hugues Aufray. Un certain Grand Gil s’interroge : « […] Y a-t-il quelqu’un qui a des nouvelles récentes de Tatcho (Roger) Fantini ? Mes recherches sur Google ne donnent pas grand-chose. Pouvez-vous m’aider ? J’espère qu’il est encore en vie. » Annick 33 le rassure aussitôt : « L’année dernière [2007], il était à l’Olympia et se portait très bien […]. » Hélas pour moi, on apprend au passage le vrai prénom du musicien : Roger ! comme deux-trois de mes copains de ce temps. Pas sûr qu’avec ce prénom-là, il eût aussi durablement marqué ma mémoire. Il a bien fait d’en tchandjer.

René Troin

Hugues Aufray et son Skiffle Group. Avec Tatcho Fantini, que l’on reconnaît grâce à son banjo. Maintenant, quelqu’un peut-il me dire qui sont Francis Dunglas et Freddy Street ?

5 commentaires »

  1. C’était le banjo à 5 cordes ? En 64 ou 65, j’ai découvert ça au parc Chabrières, à Oullins, une sorte de mini Woodstock pré baba cool… ça nous rajeunit pas, surtout moi… mais c’était bien…
    Aufray le présentait comme le seul banjoïste à 5 cordes d’Europe.

    • administrateur dit :

      Dans la vidéo où l’on voit Hugues Aufray chanter A bientôt nous deux (1964), le joueur de banjo, qui doit être le fameux Tatcho, joue d’un simple banjo guitare à 6 cordes. D’autre part, dans la version Olympia 1964, on peine à entendre distinctement le banjo (peut-être un 6 cordes), alors que dans la version Olympia 1966 on entend bien un banjo à cinq cordes. Tatcho s’y était mis, ou peut-être est-ce un autre musicien.

      • Dufossé Patrick dit :

        Bonjour
        A l’olympia le banjoiste à 5 cordes n’est pas Tatcho qui jouait du 6 cordes mais Harry Morrisson Saffer que j’ai rencontré beaucoup plus tard.
        Cordialement
        Patrick

  2. Ceccarelli dit :

    Tatcho Fantini, si quelqu’un peu me contacter pour me parler de cette personne. J’ai une photo de son père avec sa petite école de banjo, de 1940 environ.
    Je vous remercie d’avance.
    Gérard Ceccarelli

    • Dufossé Patrick dit :

      Bonjour

      J’ai une photo de Tatcho à la sortie de la maison de la radio avec sa dauphine. C’était un type très sympa comme l’étaient d’ailleurs Claude Mevel et Michel Langouet. Des artistes simples et authentiques bien loin du show biz actuel!!!
      Ceci étant Tatcho jouait du banjo 6 cordes (banjo guitare)Personnellement je ne l’ai jamais vu au 5 cordes normalement réservé au style « Blue Grass ».
      Cordialement
      Patrick

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