qRkAÇa y est, l’été est là. On sait que de nombreux festivals n’auront pas lieu, comme chaque année, pour cause de réduction, voire de suppression de subventions. Régulièrement, la liste en a été fournie et complétée sur les réseaux sociaux, et les commentaires navrés ont à chaque fois pullulé.
Faut-il pour autant, amateurs de chanson française de qualité (CFQ), s’en désoler à ce point ? Que constate-t-on, en effet ? Que la quasi-totalité des festivals lui étant consacrés n’ont jamais été menacés, au cours des mois et des semaines passés, de disparition. Et c’est avec entrain que le public qui s’en délecte pourra se rendre, comme d’habitude à la même époque, à Barjac, à Blanzat, à Gourdon, à Montcuq, et même dans ces rencontres plus modestes mais tout aussi respectables, désormais bien installées, que sont les festivals d’Aizac ou de Saint-Cirgues-en-Montagne.
Si ces manifestations parviennent à se maintenir alors qu’on assiste partout ailleurs, sous couvert de crise, à une bérézina festivalière, c’est que, malgré des subventions peut-être à la baisse là aussi, les artistes qui y sont programmés n’exigent pas des cachets mirifiques.
Si l’on s’en tient à la seule chanson, que l’argent public cesse enfin d’alimenter les caisses du showbiz ne devrait logiquement pas être vécu comme une trop grande catastrophe. Et si les Yannick Noah, Higelin, Thomas Dutronc et autres Chedid se voient désormais condamnés à ne plus hanter les festivals d’été, c’est bien volontiers que les Crapauds et Rossignols, prêts à se transformer en « Enfoirés bis », se feront le relais d’une quête nationale afin que ces délaissés puissent continuer à manger à leur faim.
Si la chanson en marge, peu avide de gros cachets, souhaite non seulement conserver ces lieux où l’on peut la savourer en période estivale, mais aussi gagner d’autres scènes d’où elle est absente depuis trop longtemps, voilà donc ce que ses plus ardents défenseurs, s’ils réfléchissaient un peu, devraient avoir pour mot d’ordre : mort aux subventions !

Floréal Melgar

3 commentaires »

  1. Caroline dit :

    Sauf que dans le cas d’un certain nombre de programmations, ce ne sont pas les têtes d’affiche (et leurs cachets mirifiques) qui disparaissent du programme, mais bien les artistes inconnus, « découverte » et autres artistes plus modestes… parce que le budget passe intégralement dans les cachets mirifiques…

  2. Paul Meslet dit :

    Merci Floréal, voilà un propos auquel je souscris volontiers.
    Paul.

  3. Bolé Marie-Berthe dit :

    Même si tout n’est pas aussi « simple », dans l’ensemble vous avez raison Floréal, et il serait grand temps que les artistes discrets et peu gourmands de cachets mirifiques puissent à leur tour et pour le bien du plus grand nombre accéder aux fêtes, scènes et autres lieux désertés par les artistes imbus de leur valeur personnelle !

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