CopainsSur mon Teppaz, j’ai écouté Infidèle par les Copains. En 1961, Alain Gaunay et Claude Pitowski n’auraient pas pu trouver plus simple et efficace pour baptiser leur duo. Leurs modèles, américains, ce sont les groupes qui marient les harmonies vocales du doo-wop et la pop électrique : les Everly Brothers ou Dion and the Belmonts (qui ont créé Runaround Sue, la version originale d’Infidèle).
Sur deux de leurs quatre 45-tours, les Copains seront accompagnés par les Fantômes*. Pour l’heure, c’est Roger Samyn qui est à la baguette. On se souvient qu’avec son orchestre il soutint une Françoise Hardy débutante. La même, longtemps après, n’oublie jamais de dénoncer « l’horrible accompagnement musical » de Tous les garçons et les filles. Nos oreilles moins bien aiguisées que les siennes n’entendent qu’un arrangement minimal, certes, mais qui sied à sa ritournelle comme il va bien à Infidèle… qui ne s’est pas toujours appelée ainsi…
Relatant le début de l’année de 1962, tel que l’ont vécu les Chaussettes Noires,
Jean Chalvidant et Hervé Mouvet énumèrent les titres d’« un disque à base de twist enregistré le 5 janvier ». Le premier, c’est La Leçon de twist. Le deuxième « Volage […] qui existe également dans une version appelée Infidèle ». Deux pochettes différentes pour le même 45-tours attestent de ce glissement de titre. Le responsable, c’est Jean Fernandez. En effet, le directeur artistique des Chaussettes « appréhende que le niveau intellectuel des adolescent(e)s ne leur permette pas de comprendre la subtilité du mot “volage” […]** ». J’ignore si c’est le même bras droit d’Eddie Barclay qui a demandé à Eddy Mitchell de chanter un « regard prometteur » plutôt qu’« enjôleur » comme les Copains. Ce dont je suis sûr, en revanche, c’est que l’anecdote va égayer les railleurs des yéyés.

René Troin

* Nous reparlerons bientôt de cette « version française » des Shadows.
** Jean Chalvidant & Hervé Mouvet, La Belle Histoire des groupes de rock français des années 60, éd. Fernand Lanore, 2002.

Les Copains, Infidèle (paroles et musique originales : Dion DiMucci et Ernie Maresca – paroles françaises : Jean Grelbin et Albert Ferreri), 1962.

Petit plus : le doo-wop de retour dans les rues – un titre emblématique de Sam Cooke, chanté a cappella par un groupe anonyme.

 

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