riversSavez-vous qui a dit ça ? « [J]e suis un interprète. Une race en voie de disparition. […] On me montre une chanson. Si elle me touche, si elle me plaît, si je pense que je peux apporter quelque chose grâce à mon talent – entre guillemets –, je la fais. Mais je ne peux pas expliquer aux gens ce que j’ai voulu dire dans telle ou telle chanson. Parce que ce n’est pas moi, c’est l’auteur qui m’a fait dire ses mots. Ce qu’il a écrit m’a touché et je suis là pour le faire passer. » Ne cherchez pas ! En donnant votre langue au chat, vous serez tout près de la réponse : c’est Dick Rivers (Hervé Forneri de son vrai nom, une précision utile pour la suite).
Un peu plus loin dans le même entretien accordé à Jean-William Thoury et reproduit dans le numéro 338 de Jukebox Magazine, il précise sa pensée : « Selon moi, il y a trop d’auteurs-compositeurs-interprètes. À part pour le blé, il n’est pas nécessaire de cumuler les fonctions ! Ce qui se passe souvent, c’est que le mec est un excellent auteur, ou excellent compositeur, mais pas très bon chanteur. Inversement, il y a ceux qui chantent bien mais dont les chansons… » Ne comptez pas sur moi pour lui reprocher cette opinion tranchante comme le couteau de papa Forneri (vous voyez qu’elle était utile la première parenthèse), qui exerçait dans le Vieux-Nice le noble état de boucher.
Pour son album le plus récent, sorti en mai de l’an dernier et sobrement intitulé Rivers, l’interprète-et-heureux-de-l’être a retenu des titres d’auteurs et de compositeurs de sa galaxie : Francis Cabrel, Oli le Baron, Joseph d’Anvers, Daniel Lanois… Mais il aussi choisi de faire une reprise de… Georges Moustaki. Qu’on n’attendait pas forcément ici.

René Troin

Dick Rivers, Les Rois serviles (paroles et musique :
G. Moustaki)

1 commentaire »

  1. Pour moi, Dick Rivers est l’homme de trois albums, pas plus. Lorsqu’il s’éloigne enfin du rock’n’roll à la Elvis Presley, il sait être grand avec le psyché-délirant « L’Interrogation » (1969, concocté avec Gérard Manset), le disque éponyme de 2004 (Cabrel, Boogaerts), et surtout le magnifique « L’Homme sans âge » (chansons du pop-rockeur Joseph d’Anvers).
    Amen.

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