Maison-de-la-Radio-R

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La grève de la radio de service public a ceci de bon que les programmes habituels sont remplacés par de la musique, toute la journée. Il paraît même que les auditeurs plébiscitent cette programmation musicale et réclament la création d’une nouvelle station de service public qui diffuserait de la musique 24 heures sur 24.
Quand je dis « musique » en ce qui concerne France Inter, c’est un peu exagéré. En effet, chaque fois que j’écoute cette radio en grève j’entends des… chansons. Des chansons venues d’horizons et d’époques diverses, certes, mais des chansons. La musique instrumentale, qu’elle soit du genre classique, jazz ou traditionnelle, semble ne pas devoir entrer dans la catégorie « musique » des programmateurs de la station. A supposer que les seules France Musique et France Culture s’adressent aux gens cultivés, France Inter, radio dite « généraliste », s’adresse à tout le monde, et tout le monde n’est pas très cultivé, c’est bien connu . Et lorsqu’on n’est pas beaucoup cultivé, c’est bien connu aussi, la musique trop savante ça fait mal à la tête (par exemple, Vivaldi, ça va, mais Ravel c’est déjà trop) ! La sensibilité musicale des « pauvres », jadis les « ploucs », appelés aujourd’hui des « vraies gens », ne saurait dépasser le stade de la seule et unique chanson, qui doit leur tenir lieu de musique. Les « gamins » qui se lancent dans la chanson disent d’ailleurs qu’ils font de la « musique », les chanteurs qui ont réussi à devenir célèbres parlent de « leur » musique, et parler « musique » dans un repas de famille chez les modestes revient à énumérer des noms de stars vues à la télévision.
Et après ça, certains viendront encore réclamer que la chanson ne soit plus considérée comme un art mineur. Elle n’est peut-être même plus un art du tout. C’est un truc comme l’eau courante, la flotte qui sort du robinet, et France Inter, quand c’est la grève, c’est aussi un robinet à chansons.
Ce qui nous change quand même, avouons-le, de la lancinante petite musique des divers experts économiques, géopolitiques et autres « journalistes » qui coupent leur carte de presse en quatre, avant de continuer à nous expliquer le monde et ce qu’il convient d’en penser.

Pierre Delorme

2 commentaires »

  1. Roucaute dit :

    Ben tu pourrais citer FIP, quand même… France Inter, c’est un peu le robinet mitigeur : y a pas mal de parole avec des morceaux de musique (enfin, de chanson) dedans. Mais sinon y a les deux robinets : un robinet à musique, FIP, et un robinet à paroles, France Cul’. A utiliser sans modération !

  2. COATLEVEN dit :

    Oh ! j’ai l’impression que cet article a été écrit par moi. J’y retrouve mes propres mots et des bribes de phrases m’appartenant (mais, il y aurait donc plagiat ?).
    Et ne pensez-vous pas que les propos de Gainsbourg sur la chanson – art mineur – et la Musique – art majeur – n’ont pas peu contribué à vouloir faire sortir les chanteurs de leur qualité de pauvres artistes mineurs ?
    En tout cas pour France Inter, ces gens depuis quelques années, qui ne programment que de la chanson (peut-être à l’exception de Philippe Meyer) ne parlent que de musique. Exemple : Nagui et ses prédécesseurs. Et je me souviens d’un débat sur la Musique. Evidemment il n’était question que de Chansons.

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