Narcisse (Le Caravage)

Narcisse (Le Caravage)

Dans les trois éditos précédents*, nous nous sommes posé la question de savoir s’il existait vraiment des chansons qui font réfléchir. Les trois gars ne furent pas complètement d’accord sur la réponse, qui réclame bien sûr des nuances et la prise en compte de divers paramètres (l’âge, l’époque, la nature de la réflexion, etc.).

En fait, la réponse est peut-être plus simple que ça : s’il n’est pas certain que les chansons nous fassent réfléchir, nous pouvons tomber d’accord sur le fait qu’elles-mêmes réfléchissent, comme on le dit d’un miroir. Chanson ambitieuse ou non, simple divertissement ou prétexte à émotion grave, on y voit les reflets de fragments du temps présent, et, souvent, surtout du passé.
Comme un miroir ne saurait ne rien refléter (sauf dans le noir complet), une chanson ne peut pas ne pas refléter quelque chose du monde où elle apparaît. C’est ce qu’elle reflète qui nous donne, ou non, l’impression de réfléchir à notre tour. De là à penser qu’elles réfléchissent à notre place et à notre insu, il n’y a qu’un pas.
Les chansons réfléchissent et nous nous abîmons dans la contemplation du reflet (de nous-mêmes ?) que nous y cherchons. Miroir, mon beau miroir… Chanson, ma belle chanson… Les chansons ne nous font pas réfléchir, elles « nous » réfléchissent. Voilà où j’en suis de mes réflexions.

Pierre Delorme

* Lire Des trois genres de la chanson (1), (2) et (3).

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