Y MathieuSur mon Teppaz, j’ai écouté Jimmy par Yves Mathieu. Un pensionnaire du Lapin Agile. Et même plus, car affinités : Paulo, le propriétaire, devenu son beau-père, lui confie la direction du cabaret montmartrois, en 1972. Un peu auteur, beaucoup interprète, Yves Mathieu n’a guère de peine pour trouver des auteurs. Claude Nougaro est son copain et Jean-Roger Caussimon son cousin germain. Cela dit, Yves Mathieu n’a pas volé sa chance : doué d’une voix grave et chaude, il sait, ainsi que le souligne Pierre Mac Orlan « peser sévèrement la substance de ses chansons [qu’] il […] choisit pour les mêler […] à son goût secret pour l’aventure* ». Secret, peut-être, mais heureusement trahi par Caussimon dans Jimmy. Au début, « La frégate L’Espérance / Battant pavillon de France » est prête à s’élancer, toutes voiles hissées, sur la musique fringante d’Hubert Giraud. Et le héros, qui la regarde, de crier depuis le quai : « Emmenez-moi, capitaine / « Emm’nez-moi aux mers lointaines / Sans naviguer, j’crève d’ennui / Ici. » Vogue l’histoire, et l’on comprend bientôt pourquoi Jimmy doit laisser s’en aller sans lui le navire et demeurer avec « les oiselles / Qui pleurent et qui pouss’ des cris ». Son sort désespérant est résumé en quelques images qui sont la marque du parolier d’Ostende : « Désormais, faut qu’il mendie / Ou joue d’l’orgue de Barbarie / Dans la ville sous la pluie. »
En consultant, sur Encyclopédisque, la discographie d’Yves Mathieu, on apprend que, s’inspirant du folklore, il a cosigné deux titres avec Jean-Roger Caussimon, dont L’Atlantide – chanson perdue qu’on aimerait voir émerger incontinent à nos oreilles.

René Troin

* Extrait des notes de pochette du 45-tours Philips 437.158 BE, reprises sur le 45-tours Festival SPX 136.

Yves Mathieu, Jimmy (paroles : Jean-Roger Caussimon – musique : Hubert Giraud), 1965.

 

Les détails biographiques proviennent du site du Lapin Agile.

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