PochetteRipaSur mon Teppaz, j’ai écouté José de Catalogne. Pierre Louki, la porte et l’amitié  grandes ouvertes, écrit sur un thème qui a inspiré Léo Ferré (Le Flamenco de Paris, Franco la Muerte), Paul Louka (Ma guitare n’est plus espagnole) ou Adamo (Manuel). Ici, c’est Robert Ripa qui chante les mots de l’hôte fraternel*. Depuis le rappel historique (« Dans ton pays, y en a qui ont voulu / Un jour te mettre en cage / Tu leur as dit “Moi, j´ déménage” / Et c´est comme ça qu´on t´a reçu / José de Catalogne […]) jusqu’au message toujours vif (« Tu n’es pas de France / Mais tu es d’ chez nous »).
Aujourd’hui – et même hier ! – bien oublié, Robert Ripa n’en a pas moins connu une carrière d’une longueur respectable – de 1955 à l’orée des années soixante-dix. Son répertoire mêlait les auteurs et compositeurs de série (Jil et Jan, Charles Dumont, Fernand Bonifay…) et les grands faiseurs (Léo Ferré, Francis Lemarque, Pierre Mac Orlan…). A une époque où plusieurs interprètes se partageaient une même chanson, il s’est retrouvé en concurrence avec Patachou (La Bague à Jules), Armand Mestral (Seize tonnes), Colette Renard (Zon, zon, zon) ou Yves Montand (Mon pot’ le gitan)… Robert Ripa n’a pas tourné en boucle sur les ondes ni trôné en tête de gondole. Sauf une fois, avec Magali** – un succès bilingue (français-provençal) dû à la doublette Robert Nyel-Gaby Verlor. Pourtant, avec son timbre chaud et son sens de la nuance, il avait les mêmes atouts qu’un Marc Ogeret.
Sauf qu’il n’a jamais effacé le Midi de sa voix. On n’est pas sérieux quand on a cet accent ?

René Troin

* José de Catalogne a aussi été enregistrée, entre autres interprètes, par Francesca Solleville et Philippe Clay.
** Lire Robert qui ? (rubrique « Teppaz et SLC »).

Robert Ripa, José de Catalogne (paroles : Pierre Louki – musique : Marc Heyral), 1960.

6 commentaires »

  1. delorme aussi dit :

    J’adorais cette chanson. Il faut dire qu’à 14 ans j’étais amoureuse d’un José de Catalogne. Mais cette chanson m’est vraiment restée dans la mémoire (mais je n’aimais pas la version de Philippe Clay qui me semblait bien moins fraternelle).

  2. Très belle voix et interprétation pleine de chaleur. Beau timbre (quelque chose de Francis Lemarque). Merci René !

  3. marc havet dit :

    Je me souviens qu’il chantait une adaptation avec des paroles françaises de Il Bidone, la musique de Nino Rota sur le film de Fellini. Impossible de retrouver cette chanson sur internet. Ça commençait comme ça :
    « Vous habitez chez vos parents
    Qu’il lui dit dans un je t’aime
    Ça commence comme dans les romans
    Mais la fin n’est pas la même…
    Oh hé les messieurs du bidon… »

    • René Troin dit :

      C’est vrai, impossible (en tout cas, très difficile) de la trouver sur internet. La pochette de ce 45-tours Vogue de Robert Ripa figure sur le site « Encyclopédisque ». En fouillant, on trouve aussi un article de Véronique Mortaigne, intitulé « En hommage à Nino et Fred » et paru dans Le Monde du 20 juin 2008. On peut y lire : « […] Qu’elle est merveilleuse, la Ringer, rockeuse, hargneuse, en vie ! Elle rit, elle vient d’interpréter Le Bidon, version française du thème d’Il Bidone (Fellini, 1955), écrite par Francis Blanche […]. » Affaire à suivre.

  4. Jean-François Grabowski dit :

    A souligner la guitare de Matelot Ferret, le grand guitariste manouche.

  5. Coatleven dit :

    Décidément, me voici encore à l’amble avec l’ami René Troin car il y a bien longtemps que je défends cet excellent interprète à la voix remplie de soleil, qu’est Robert Ripa. Et que j’avais découvert jadis avec sa Magali.
    C’est vrai qu’on peut évoquer Francis Lemarque à son sujet mais il faut aussi penser à Yves Montand qui, dans ce genre d’interprétation, lui a certainement fait de l’ombre.

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