A. LotiSur mon Teppaz, j’ai écouté C’est toi mon idole par Agnès Loti. L’ « idole » avait bonne presse avant que Jacques Dutronc* ne lui tire du plomb dans l’« l » et que Léo Ferré** ne lui mette son poing sur le « i ». C’est dire comme il devait bicher le chéri d’Agnès Loti quand sa blonde a lancé ce refrain sur les ondes : « Je t’aime, je t’aime, je t’aime trop / Je sais bien que j’ai tort / J’en parle, j’en parle, j’en parle trop / Alors tu te sens le plus fort. » Le tout avec le sens du rythme et en s’appliquant à mettre dans sa voix ce qu’il fallait de sucre pour rappeler celle de Millie Small, la jeune interprète jamaïcaine de la version de My Boy Lollipop parue quelques mois plus tôt en Grande-Bretagne***.
Tout est parfait, alors ? Eh bien, à vrai dire… il y a la chute du premier couplet… Elle est, comment dire… Elle est un peu embarrassante. Voilà. « C’est toi mon idole / C’est toi qui fais battre mon cœur / Et bien plus fort que Johnny / Ou Richard Anthony. » Pour Johnny, bien sûr, ça ne prêtait pas à conséquence, tout juste à sourire avec condescendance. Tel Apollon, du haut de son belvédère, il tombait tout ce qu’il voulait. Mais Richard Anthony ! Avec sa tête à vendre des réfrigérateurs, son léger embonpoint de notaire débutant, sa « p’tite MG, trois compères » (et devinez qui on virait, au moment de démarrer, pour faire de la place dans ce cabriolet qui n’en avait que deux ?). Franchement, le parolier aurait pu trouver une autre cible (je ne sais pas moi… Georges Guétary). Ou bien la chanteuse se rebiffer… C’est à croire qu’Agnès Loti avait un cœur de pierre.

René Troin

* « Toute la journée derrière moi / Et toute la nuit sur le dos / Dans la chaleur ou dans l’froid / Ils me poussent sur les tréteaux / Leurs galas leurs récitals / J’en ai vraiment plein l’dos […] » – Jacques Dutronc, L’Idole (Je n’en peux plus), 1967 – paroles : Jacques Lanzmann.
** « […] Si j´ai fait mes yeux c´est pour agrandir / Les deux petits quinquets que maman m´a donnés / Je les voudrais bien verts d´ailleurs je le fais dire / Mais ils sont châtains en réalité […] » – Léo Ferré, L’Idole, 1969.
*** Le premier enregistrement de ce titre, par Barbie Gaye, date de 1956. (Source : Wikipedia)

Agnès Loti, C’est toi mon idole (paroles et musique originales : Robert Spencer, Morris Levy et Johnny Roberts – paroles françaises : Frank Gérald), 1964.

3 commentaires »

  1. Leroux dit :

    On aimerait que votre enquête, cher René, se poursuive et savoir si Agnès a bourlingué ensuite autant que Pierre et qui profitait de la banquette arrière de Richard et de son sirop Typhon (sur Nagasaki ?).

  2. mf comte dit :

    Est-elle si bien lotie que cela ?
    Je me le demande… Pff…

  3. mf comte dit :

    Ou, après tout, l’est-elle trop ? Après tout, pas trop n’en faut…

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