C’est la fête au foot ! Les articles de toutes sortes fleurissent dans les journaux, et les commentaires dénonciateurs font rage sur Facebook, qui appellent au boycott de la Coupe du monde.  A chacun ses rêves Football1900d’action. Comme tous les quatre ans, les « penseurs », sociologues et historiens du sport, ou simples journalistes, nous font part de leurs profondes réflexions sur le jeu le plus populaire de la planète et sur cet événement médiatique par excellence qu’est la Coupe du monde de football. Pourquoi en parler ici ? Généralement, les amateurs de chansons de qualité vomissent cette passion populaire et le business organisé autour. Peut-on les en blâmer ? Mais doit-on pour autant considérer les fans de foot comme des abrutis ?
Pourtant, rien de bien extraordinaire dans tout ça, chacun a le droit d’aimer ou de détester ce qu’il veut, et surtout chacun a les émotions qu’il peut. Le quotidien est pour la plupart d’entre nous assez tarte et les émotions sont rares. Alors on peut se laisser bouleverser par un but de « son » équipe qui se qualifie in extremis, comme on peut aussi pleurer des larmes de joie en voyant enfin paraître sur scène Patrick Bruel ou Vanessa Paradis ! On peut aussi, si on préfère, découvrir la foi poétique derrière un pilier pendant un récital de Jacques Bertin. Bref, on peut s’émouvoir avec un tas de trucs, peu importe lesquels, ça n’est jamais qu’un prétexte à se laisser chatouiller la sensibilité pour la raviver un peu.
Je viens de lire un article consacré au « mythe » de l’équipe du Brésil de 1970 (celle de Pelé), j’ai trouvé amusant que son auteur (un journaliste de Libération) écrive en conclusion qu’on magnifie souvent à rebours des matchs, ou des équipes, qui n’étaient peut-être pas si extraordinaires, et qu’on a tendance à embellir et à mythifier ceux qu’on a vus dans notre jeunesse. On n’est jamais loin du « c’était mieux avant », et, spécialiste de foot ou non, personne n’y échappe, dit-il. Je crois qu’il a raison et je me dis que ça fait finalement au moins un point commun entre les amateurs de foot et les amateurs de chanson.

Pierre Delorme

 

1 commentaire »

  1. DOUTON Jean-Pierre dit :

    J’ai des exemples qui montrent que nombre d’amateurs de chansons de qualité, s’ils « vomissent cette passion populaire et le business organisé autour », ceci ne les empêche pas de regarder les matchs et d’y prendre une forme de plaisir qu’il faudrait mieux définir.
    Je reste fasciné par les retransmissions en direct de ces événements (plus peut-être par le « direct » que par « l’événement » lui-même) et parfois stupéfait de communier avec la plèbe à ces spectacles de gladiateurs milliardaires. Tout cela ne m’a jamais empêché de connaître Ferré, Brassens, Leclerc, Brel et quelques centaines de chansons d’auteurs de ce tonneau dont Bertin, par cœur, avec le cœur et la chair de poule.
    Votre billet sur le foot et la chanson reste courageux et permet cette amorce de discussion.
    Pour faire court (et vexer tout le monde !), je dirais qu’il y a plus d’abrutis chez les fans de foot et plus de casques-à-boulons chez les puristes de la chanson.

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