Princesse_1-320x367Après bien d’autres représentants de commerce à carte de presse, et sans surprise, c’est Valérie Lehoux, pour Télérama, qui s’empare de sa plus belle brosse à reluire pour évoquer le CD* dont le médiatisme assure une promo tous azimuts, à rendre jaloux Etienne Daho.
On sait que cet hebdomadaire apprécie les rebelles, les vrais. C’est donc tout naturellement et sous cet aspect que la journaliste esquisse le portrait de Jean-Louis Aubert, dernier-né des maquisards du spectacle aux yeux d’une porte-parole du Tout-Paris branché. En choisissant de mettre en musique quelques-uns des poèmes de Michel Houellebecq – « des textes qui frottent », nous dit-elle –, l’ex-enfant sage du groupe Téléphone, qui cachait très efficacement jusque-là une âme de résistant, accomplirait un coup d’éclat d’une audace folle et inattendue. Inattendue ? Pas tant que ça, finalement, pour Valérie Lehoux du moins, qui seule a su remarquer, et elle nous le rappelle, qu’en 2007 l’aventurier Jean-Louis Aubert « eut aussi le culot de se lancer dans des concerts solo, ce qui en soi n’est jamais chose aisée ». En 2007 ! Des concerts solo ! Fallait oser, reconnaissons-le !
Puis on a droit au couplet, déjà maintes fois lu et entendu à propos d’autres Jean Moulin de la variété plus ou moins débile, sur un Jean-Louis Aubert qui se révèle – à 59 ans, quand même… – « artiste libéré », assez habile « pour ne pas se laisser prendre dans les filets du showbiz et n’en faire à peu près qu’à sa tête » (sic). Quel dommage, Valérie, que cet « à peu près » vienne un peu ternir la geste héroïque du nouveau Guevara du spectacle. Guevara du spectacle, oui, parfaitement, car ce CD Jean-Louis Aubert n’hésite pas à le sortir « au nez de l’industrie musicale », c’est écrit dans l’article. D’ailleurs, il sera publié par EMI, cette petite maison qui n’est sur le marché du disque qu’en troisième position parmi les majors du secteur.
Hélas, on sait aussi que c’est plus souvent l’ingratitude que les lauriers qui attend au tournant les audacieux. Aussi, avec une pointe de tristesse dans la plume, Valérie Lehoux nous prévient d’ores et déjà que ce CD « ne grimpera sans doute pas en haut des ventes d’albums ». Console-toi, Valérie, nul ne pourra en tout cas en rendre les médias responsables.

Floréal Melgar

* Les Parages du vide, c’est son titre. « Pourquoi les parages ? » demandent déjà certaines mauvaises langues.

7 commentaires »

  1. Norbert Gabriel dit :

    Quoi ? Comment ? Floréal n’a pas perçu l’élan de rebellitude qui pousse Jean-Louis sur les chemins de l’insurgence ? C’est à désespérer de la révolution permanente… Et puis la quête du vide, c’est don-quichottesque ! Pas moinsse !

  2. Chris Land dit :

    Son engagement mitterrandien inconditionnel plaide malgré tout en sa faveur de révolutionnaire… Non ?
    À l’image d’autres « engagés » plus activistes, tel Régis Debray par exemple, la social-démocratie à monté en épingle (c’était l’époque des pin’s) une génération de ces combattants « révolutionnaires » dont un grand nombre a gardé, c’est flagrant, les charentaises aux pieds…

  3. Yves Le Pape dit :

    « Après bien d’autres représentants de commerce à carte de presse, et sans surprise, c’est Valérie Lehoux… »
    C’est vraiment lamentable de parler de cette façon de Valérie Lehoux. On peut ne pas être d’accord avec toutes ses critiques… critiquer ses critiques, mais s’en prendre à elle de cette façon, c’est vraiment lamentable.

    • Ah ! la corpo monte au créneau ! Participer ainsi, pour la énième fois, au matraquage complice médias-showbiz, en nous vendant par-dessus tout ça un nouveau rebelle de pacotille, je maintiens, je n’appelle pas ça du journalisme.

  4. Yves Le Pape dit :

    Ça veut dire quoi « la corpo monte au créneau » ?
    Valérie Lehoux fait un vrai travail de journaliste à Télérama, qu’on aime ou pas ses critiques. Je pensais que « Crapauds et Rossignols » laissait à d’autres ces diatribes incessantes contre la presse, les médias, les journalistes ! Je suis surpris et déçu que vous tombiez aussi dans ces attaques imbéciles car injustes et malveillantes.

    • Ah ! la corpo s’énerve et devient désagréable ! Mme Valérie Lehoux ne saurait représenter à elle seule, fort heureusement, « la presse, les médias, les journalistes ». Nous avons ici même dit tout le bien que nous pensions de gens comme Marc Legras ou Jacques Vassal, qui sont d’un autre calibre. Nulles « diatribes incessantes », donc. Par ailleurs, nous veillons toujours à introduire une touche d’humour et d’argumentation – qui manquent cruellement à vos deux commentaires – lorsqu’il s’agit de se moquer un peu de ces grandes signatures à qui il arrive de sombrer dans le ridicule. Mme Lehoux, grande figure de la rédaction du magazine culturel phare, devrait d’ailleurs se remettre rapidement de l’écrit d’un site aussi modeste que « Crapauds et Rossignols », si toutefois il devait lui parvenir. Nous ne nous faisons manifestement pas la même idée de ce qu’est un « vrai travail de journaliste ». Restons-en là.

  5. HAVET dit :

    Non, monsieur Le Pape, cela n’a rien d’injuste et de malveillant. Floréal a vu juste et lui au moins a de l’humour ! Ce qui n’est pas le cas de ces cireur(e)s de pompes, représentants de commerce déguisés en journalistes et faisant partie de ces « milieux autorisés » comme le disait déjà si justement Coluche.

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