Photo (retouchée) : Marcel Lannoy

Photo (revue par Marie-Françoise) :
Marcel Lannoy

Samedi 1er mars, lors d’un jeu diffusé sur France 2, le thème des questions posées portait sur Jean-Jacques Goldman. L’animateur s’adresse à une candidate : « Quel artiste a influencé Jean-Jacques Goldman, impressionné par le choc de ses mots et la force de ses notes, l’amenant alors à croire qu’on pouvait chanter des chansons en français ? » La candidate, un peu au hasard, semble-t-il, donne la bonne réponse : Léo Ferré. On apprendra également, quelques minutes plus tard, que la seule artiste avec laquelle Jean-Jacques Goldman a demandé à travailler, là encore sans doute avec « le choc des mots » de Léo Ferré en tête, est… Céline Dion.
Ce rappel des influences auxquelles se rattachent les artistes, connus ou encore dans l’ombre, figure dans nombre de leurs dossiers de presse. Y reviennent très fréquemment les noms de ces « monstres sacrés » que sont Ferré, Brassens, Brel, Trenet, Barbara, Gainsbourg et quelques autres, comme s’il fallait absolument se prévaloir de cette lignée pour donner à sa propre production un gage de qualité, souvent et très vite démenti à l’écoute. Car, en effet, ces illustres références laissent souvent pantois, tant les chansons proposées par certains artistes qui les affichent sont à mille lieues de ce qu’offraient ces grands anciens, chansons versant même parfois dans une nullité et une crétinerie propres à faire se retourner dans leur tombe leurs involontaires parrains.
Si, en matière de chanson comme en toute autre, il en faut vraiment pour tous les goûts, il serait bon d’en finir alors avec ces références obligées et grandement mensongères, et que certains artistes n’hésitent plus à se réclamer de Sheila, Mylène Farmer, Etienne Daho ou… Jean-Jacques Goldman et Céline Dion. Cela nous éviterait bien des écoutes inutiles.

Floréal Melgar

Soumettre un commentaire »