Albert Delpy, dans Le Skylab (2011), un film de Julie Delpy.

Albert Delpy, dans Le Skylab (2011),
un film de Julie Delpy.

En moins 50 avant Jésus-Christ, les irréductibles habitants d’un petit village d’Armorique redoutaient que le ciel leur tombe sur la tête. Longtemps après, mais pas très loin de là, dans une villa du côté de Saint-Malo, Albertine (11 ans) a peur que le Skylab, une station spatiale qui a connu quelques soucis dans le ciel, vienne, en s’écrasant pile devant la porte, gâcher la fête de famille. Et vu qu’ils rappliquent en nombre pour entourer la mère / grand-mère / belle-mère le jour de son anniversaire, ça ferait des dégâts… Si l’engin ne tombera pas, il y aura d’autres éclats – de rire, de voix, d’orage aussi – dans Le Skylab, de Julie Delpy. Le film s’articule autour d’une séquence de repas dans le jardin. La comédienne-scénariste et réalisatrice y fait montre d’une belle maîtrise dans la direction d’acteurs. Ils sont une vingtaine et demie entre les tables des adultes (où l’on bavarde, on rit et puis s’empoigne) et des enfants (où il s’en passe aussi). Soit, en schématisant à peine, autant de premiers rôles. On atteint le point culminant avec Tonton Hubert (joué par Albert Delpy), l’innocent de la famille, qui chante d’une voix étranglée La Ballade des gens heureux (1) pour mettre un peu de paix chez ceux qui s’aiment mal ou se déchirent un peu trop. Et l’on sait après ça – si on en doutait encore – comme les chansons que l’on dit « formatées » peuvent déborder du moule… ou rester dedans. Vu que c’est très personnel, une émotion, ça ne se partage pas toujours comme on le pense. Si ce n’est pas cette fois, ce sera une autre. Et une autre chanson.

René Troin

(1) Paroles : Pierre Delanoë et Gérard Lenorman – musique : G. Lenorman. On voit, et on entend un peu, Albert Delpy chanter dans la bande-annonce du film, facilement trouvable sur internet. Mais le mieux, bien sûr, c’est de voir Le Skylab, disponible en DVD.

2 commentaires »

  1. Chris Land dit :

    Le choix de chanson aurait pu être plus judicieux car Julie Delpy, voisine à l’époque de Gérard Pierron puisqu’elle habitait dans la même rue, à l’époque où il était banlieusard parisien, fréquentait souvent ses spectacles et était invitée régulièrement à dîner avec les proches à l’issue des spectacles…
    Grands souvenirs…

    • René Troin dit :

      Si Julie Delpy avait partagé votre avis, mon billet n’aurait pas eu lieu d’être. Et j’aurais été bien embêté car, telle l’imprévoyante cigale, je n’avais pas mis d’autre idée au frais de côté pour ce jour d’hiver.
      D’autre part, révérence gardée envers Gérard Pierron, il ne me semble pas qu’il comptait parmi les chanteurs populaires en 1979 (année où se déroule le film).

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