portee-dubois-delaulnayJean Dubois et Yannick Delaunay, deux gars, deux amis de longue date, et chacun sa guitare. Ils étaient samedi 14 décembre à L’Annexe, à Ivry-sur-Seine, un café-restaurant où l’association Puce et Cie programme de la chanson depuis trois ans maintenant, au rythme désormais régulier de deux dates par mois.
Voilà encore deux artistes qui, au même titre que Marc Havet dont il fut récemment question ici même, n’ont guère les honneurs des programmations festivalières et des quelques salles de spectacle où s’exprime
la chanson non médiatisée. Sans doute conviendrait-il, pour un esprit
curieux, d’enquêter sur les raisons de cette évidente et incompréhensible surmarginalisation de quelques-uns de ces « pestiférés » de la scène. Le risque est certain, il est vrai, de n’en récolter que des inimitiés, tant le sujet ne pourra éviter d’évoquer le clanisme, le copinage intéressé, les renvois d’ascenseur qui, là comme ailleurs, gâtent un peu le paysage – et la grande fraternité d’apparence – de la chanson à texte.
Jean Dubois et Yannick Delaunay ont manifestement pris plaisir à mettre quelques-unes de leurs chansons dans une sorte de pot commun. S’il arrive parfois que l’un d’entre eux interprète seul l’une de ses propres compositions, c’est le plus souvent à deux que les chansons de l’un ou de l’autre nous sont offertes, portées par deux guitares complices. Les compères ont mêlé à leur répertoire quelques chansons venues d’ailleurs, une pincée de Bob Dylan, le Swing Troubadour de Charles Trenet, qui ouvre la séance, La Toinon de Gaston Couté et Gérard Pierron, ou L’Inconnu de Metz qui permet de découvrir l’humour subtil de Stéphane Cadé.
On passe ici aisément de la poésie sensible ou des facéties de Yannick Delaunay, visiblement enjoué, aux belles ballades façon songwriter de Jean Dubois, et chacun se coule dans les chansons de l’autre avec aisance et un réel plaisir. C’est naturellement amical, sans que les deux artistes aient besoin d’en rajouter.
C’est infiniment généreux. Beau duo !

Floréal Melgar

1 commentaire »

  1. Chris Land dit :

    J’allais l’dire !
    Merci, monsieur Melgar.

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