Salcy PochetteSur mon Teppaz, j’ai écouté C’était mon quartier par José Salcy. Au début des années 60, le rock français avait deux épicentres : Paris et Nice. Je sais, les géologues contesteront qu’une même catastrophe pût trouver deux origines distinctes, mais on parle de séisme musical, là, donc d’un heureux avènement. Pour Paris, nous y reviendrons.
A Nice, sur les brisées des Chats Sauvages (avec
Dick Rivers), marchaient Les Loups Garous (avec
Ricky Sailor), Les Schtroumpfs, Les Milords ou Michèle et ses Wouaps (Ouaip !). Et José Salcy ? Aussi. Un rien original dans le paysage.
Il a étudié le piano et n’a pas appris à chanter devant le juke-box ou par-dessus le tourne-disque mais au sein des Petits Chanteurs de la Côte d’Azur. Il a un net penchant pour les chansons dont le titre est un prénom : Barbara, Catherine, Virginie, Sophie, Amanda, Véronique, Antonella... Ce qui lui fait un point commun avec Anne Sylvestre qui ne demandait rien – mais ça me fait plaisir. Il se permet aussi quelques audaces dans les titres de bout
de face – ceux qui ne passaient pas à la radio. Tel ce brusque changement de rythme aux deux tiers de C’était mon quartier. Et puis José Salcy, au contraire de ses collègues, ne chante que très peu d’adaptations. Il signe même seul une grande partie de son répertoire. Dont ce refrain : « Pour une fille / On se battait / Pour une fille / […] qu’un autre avait trop regardée », qui nous rappelle que la mythologie des quartiers n’a pas attendu JoeyStarr ou Grand Corps Malade pour se forger. En 1963, les « mauvais garçons » marquaient déjà leur territoire et y jouaient des poings. C’est tout.

René Troin

 

José Salcy (paroles, musique et chant), C’était mon quartier, 1963.

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