Pochette AmontEvidemment, on aimerait quelque chose de plus consistant qu’une unique galette à se mettre sous le laser. Les années 1956-1975 de Marcel Amont réduites à vingt-quatre titres, c’est un peu court. Mais, comme disent les éternels satisfaits, c’est mieux que rien. On ne criera donc pas haro sur le compilateur, d’autant qu’il a respecté l’ordre chronologique. Et commencé par l’inescamotable Escamillo. Où l’on vérifie que les images, qui, désormais, accompagnent quasi systématiquement les chansons, ne sont pas indispensables. Quand l’artiste envoie : « C’était un grand toréro d’Espagne /Qui n’avait jamais vu qu’un taureau / Un charmant taureau venu de Cerdagne / Un gentil taureau, doux comme un agneau », pas besoin d’avoir été à l’Olympia (1956, quand même… ça remonte), on le « voit » ce bourreau des taureaux pour de rire. Parce que l’interprète y met le ton, la diction et… le geste. Sans oublier le swing. Entendez-le qui se balade sur la crête des temps en chantant Dans le cœur de ma blonde, et prenez en passant une leçon de musicalité de la langue française : « Dans son cœur la mélodie tourne et s’envole / Avec mon cœur pour devenir la chanson folle / De nos cœurs et nous inventons les paroles / Que l’on chante à deux sous le ciel bleu. » C’est à Jean Drejac que l’on doit cette fine volte autour du mot « cœur ». Marcel Amont savait choisir ses auteurs et ses compositeurs, même si ça se gâte un peu vers la fin* avec Bleu blanc rouge et des frites. Un peu lourd à écouter. On préférera reprendre un peu de l’air à doux rebonds de Bleu blanc blond.

René Troin

Marcel Amont, coll. « Chanson française », Polydor/Universal.

 * Vers la fin de ce CD, s’entend. Pas question, ici, de la suite de la carrière de Marcel Amont, marquée notamment par l’album Un autre Amont (1979), écrit et composé par Alain Souchon, Julien Clerc, Françoise Mallet-Joris, Gilles Vigneault…

Un type avec le sens du rythme et de l’improvisation, une diction parfaite pour chanter des paroles au petit poil, qui vous bricolait un Mexique en moins de quatre minutes avec une chaise, une guitare et un chapeau rigolo, on appelait ça un « fantaisiste ». Cherchez pas,
y en a plus. Enfin si, dans les archives en noir et blanc.

2 commentaires »

  1. patrick ochs dit :

    René, nous avons les mêmes goûts, toi et moi !!! Incroyable, non ?

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