Photo : DR

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Cette espèce d’idolâtrie qui entoure les artistes œuvrant dans le domaine de la chanson dite à texte, et que certains de ses adeptes entretiennent inconsidérément, n’est pas sans avoir parfois des conséquences fâcheuses pour ces derniers.
Une fidèle spectatrice du Forum Léo-Ferré, du temps où j’y officiais, fit un jour les frais de cette admiration béate. S’imaginant sans doute que tous les agissements et propos de ces artistes adulés relevaient du sublime, elle vint vers moi et me dit : « Comme tu en as de la chance de côtoyer tous ces gens merveilleux. Je te voyais tout à l’heure discuter avec Untel, je t’enviais. C’est vraiment formidable. » Ce à quoi je répondis, et je ne mentais pas : « On parlait du match de foot d’hier soir à la télévision (1). »
Je crois que sa stupéfaction n’eût pas été plus grande si on lui avait appris que Léo Ferré avait été un supporter encarté de l’AS Monaco ou Francesca Solleville sur le point d’adhérer au Modem de François Bayrou.
La perte des illusions est parfois si cruelle que je préfère penser aujourd’hui que cette dame a fini par se convaincre que ma réponse relevait de la plaisanterie.

Floréal Melgar

 1. L’intérêt pour le sport, même minime, faisant le plus souvent l’objet d’un certain mépris au sein du monde de la chanson française de qualité (CFQ), ne comptez pas sur moi pour livrer ici le nom du « coupable ».

3 commentaires »

  1. Pierre LACOMBE dit :

    Oui, Floréal, j’ai connu cette jalousie aussi ! « Oh tu en as de la chance de pouvoir parler à X ou Y » ! Ma réponse était toute faite selon la personne qui me faisait son affirmation. Je lui disais : « Comme j’ai la chance de parler avec toi » ou, à l’opposé, « comme tu as de la chance de parler avec moi ! »
    Ben oui, on est tous foutus pareil ! Une tête (plus ou moins bien faite), un nez, une bouche, deux oreilles et deux yeux, sans compter les membres inférieurs et supérieurs qui se comptent aussi par deux !

  2. sarclo dit :

    Tu m’expliqueras le foot, Floréal ?

  3. Norbert Gabriel dit :

    Certes, parler du foot, vu à la télé, pour un amateur CFQ, on tutoie le blasphème… Comme parler de vélo avec Gotainer, ou d’athlétisme avec Louki, de tennis de table avec Moustaki, de volley avec Barouh. J’ai même connu dans ma jeunesse un directeur d’opéra de Lyon qui était un cyclotouriste confirmé… Aïda ou Rigoletto, dans le Galibier ou le Lautaret, ça aide … Et on admirait de concert Bobet, Anquetil ou Darrigade…
    Et aussi Luis Mariano, chacun ses faiblesses.

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