Goguette fiscale

Sur l’air d’« emmenez-moi »  (Charles Aznavour/Georges Garvarentz).

1200px-Flag_of_Switzerland.svgA Paris où le poids de Bercy
Me courbe le dos
Ils arrivent encore et toujours alourdis
Les impôts

Ils m’arrivent au courrier
Apportant avec eux des tonnes de soucis et aussi des envies
De voyage
Vers les coffres et le goût du secret d’un pays bien connu
Où le fisc français jamais ne nous prend plus
En otages

Moi qui n’ai connu de Paris
Que le percepteur
J’aimerais changer de pays
Aller voir ailleurs

Emmenez-moi au pays prospère
Emmenez-moi jusqu’au bout de mon rêve
Il me semble que ma misère
Serait moins pénible à Genève

Dans les bars à la tombée du jour
Avec les copains
Quand on parle du pouvoir d’achat, un verre à la main
Je perds la notion des choses et soudain ma pensée
M’enlève et me dépose, un merveilleux été
A Genève
Où je vois tendant les bras un banquier comme un fou
Courant, courant vers moi, et je me pends au cou
De mon rêve

Quand les bars ferment, que les copains
Rejoignent leur nid
Moi je rêve encore jusqu’au matin
A mes économies

Emmenez-moi au pays prospère
Emmenez-moi pour y planquer mon fric
Il me semble que ma misère
Serait moins pénible à Zurich

Un beau jour comme Jérôme Cahuzac
J’y pos’rai mon sac
Pour partir je travaillerai, j’écrirai des chansons

Prenant la route qui mène jusqu’aux salles des coffres
Je pourrai profiter enfin de ces bienfaits
Qu’on y offre
Et comme Johnny Hallyday parti en Amérique
Pour mes enfants chéris je ferai fructifier
Tout mon fric

Je fuirais, laissant là le fisc
Sans aucun remords
Pour compter le pognon de mes disques
En chantant très fort

Emmenez-moi au pays prospère
Emmenez-moi jusqu’au bout de mon rêve
Il me semble que ma misère
Serait moins pénible à Genève

Emmenez-moi au pays prospère
Emmenez-moi pour y planquer mon fric
Il me semble que ma misère
Serait moins pénible à Zurich

La, la, la, la, la, la, la, la, la
La, la, la, la, la, la, la, la, la
La, la, la, la, la, la, la, la, la…

Floréal Melgar

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La chanson pêchée à la ligne

Je sais vous me direz
Que je parle du chant
Et que ce que je chante
Ce n’est que des chansons
Quelque chose, à coup sûr,
De moins haut que le chant.
Moi, je vous répondrai
Qu’on chante ce qu’on peut,
Que pour chacun le chant
Est cela qu’il se chante,
Qu’une simple chanson
Peut emmener très haut,
Que la moindre chanson
Peut guérir l’univers
Aux yeux de qui la chante,
Qui d’elle a fait son chant.
(Eugène Guillevic)

5820_Eugène Guillevic2

 

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Compte-rendu de l'hommage national à Charles Aznavour

Le « maître de la chansons française » et de l’optimisation fiscale semblait bien riquiqui sur les pavés de la cour des Invalides. On avait joliment drapé son cercueil dans le drapeau tricolore et onSans titre avait déposé devant lui des fleurs aux trois couleurs de l’Arménie, cette Arménie qu’il nous a vendue aussi bien qu’Enrico son Algérie natale*. On avait presque envie qu’un coup de vent léger passe afin de vérifier qu’une main reconnaissante n’avait pas glissé subrepticement sous le drapeau français celui de la Confédération helvétique ainsi que celui du Grand-Duché du Luxembourg. Mais il faut se méfier des fakenews.
Il est donc parti le poète, l’amoureux de la langue, celui dont on vante les textes ciselés (même quand ils avaient été écrits par d’autres, mais ne soyons pas regardant). Les bidasses de service ont présenté les armes, il y avait des manières de légionnaires ou de spahis, genre Pépé le Moko. Il est parti le poète, aux sons de la Garde républicaine, escorté par l’armée de soldats de plomb du petit Emmanuel. « Emmenez-moi » chantait la musique de la Garde… Eh bien, me suis-je dit, emmenez-le et qu’on n’en parle plus !
Enfin, on pourra quand même retenir de cette matinée un élément positif. Pour une fois, Jupiter a réussi à causer en public sans mépriser personne. Il n’a pas dit au premier ministre arménien « Vous dites des bêtises ! », c’est déjà ça. Il faut dire qu’hier encore, comme aurait dit le « petit » Charles, il avait gaffé une nouvelle fois sur les terres du « grand » Charles. En visite par là-bas, il a estimé que les Français se plaignent trop et il a rabroué une dame qui râlait parce que sa petite retraite de 500 euros avait encore diminué.
Je me demande si cette dame avait déjà acheté un disque de Charles Aznavour dans sa vie… Si oui, même si elle n’a pas fait beaucoup progresser le PIB de la France, elle pourra au moins s’enorgueillir d’avoir contribué à bâtir la fortune d’Aznavour.

Pierre Delorme

* Aznavour aurait dit en entrant pour la première fois dans l’appartement d’Enrico Macias à Paris « Eh bien, mon cochon, ça valait le coup de perdre l’Algérie ! ». Sans doute une fakenews de l’époque.

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 crapaudf

Floréal Melgar Cofondateur de Radio Libertaire. Animateur du Forum Léo-Ferré pendant dix ans.
 

Pierre Delorme Auteur-compositeur-interprète. Professeur à l'Ecole nationale de musique de Villeurbanne. 
 

rossignolfRené Troin Expert chanson sans assurance.

 



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LTG

Absents le temps d’un long week-end studieux, les trois gars n’ont pas voulu laisser leurs lecteurs sans nouvelles. Aussi en ont-ils écrit trois, inspirées par une ou des chansons de leur choix.

LTG

Durant la période dite trêve des confiseurs les trois gars furent mobilisés sur le front grand-parental,  une bonne excuse pour ne plus rien écrire, manger des chocolats et laisser tomber les lecteurs. Cependant, honteux de leur attitude cavalière, ils décidèrent de donner quand même un peu de lecture à leurs hôtes, sous la forme de trois contes de Noël. Trois contes dans lesquels vous retrouverez les aventures de Mingus et Younsouna, de Johnny-au-disque-d'or, et de Balthazar Brassens, Melchior Ferré et Gaspard Brel.  Les personnages et les situations de ces récits étant purement fictifs, toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite, il va sans dire...

Pierre Delorme

C’est Pierre qui a commencé en m’envoyant deux vers et en me mettant au défi d’en tirer une fable. Il faut dire que le nom du site poussait vers ce titre à la La (ah ! là là !) Fontaine : « Le crapaud et le rossignol ». Je m’y suis donc collé. Après quoi (coâ) Pierre s’est pris à son propre jeu. Et Floréal ? Il a fini par sortir du bois (où chante le rossignolet) pour aller droit au but.

René Troin