Des vœux qui n'engagent à rien...

Impossible rêve 2Le père Ubu et le Czar ont roulé des mécaniques aux quatre coins du globe, les cinq cents personnes les plus riches du cosmos ont vu leur fortune s’accroître de 27% , le petit Bonaparte, qui « vient de nulle part », a commencé à mettre en œuvre la théorie qui va faire ruisseler la richesse sur les pauvres (vous allez voir ça !), et, last but not least, nous avons paumé Johnny ! 2017, annus horribilis.
On ose à peine souhaiter une bonne année 2018, de peur de porter la poisse ! Peur de voir toujours plus de merdre ruisseler sur la tête des pauvres, peur de voir Ubu déraper en Corée du Nord ou ailleurs, peur de compter encore plus de morts de froid et de misère dans la rue, à nos frontières, sur la mer, peur de dire dans un an : 2018 annus horribilisEt qu’avons-nous fait ?
Alors, souhaitons-nous simplement une bonne santé et de belles chansons (ou simplement des chansons, ça sera plus réaliste), bref, formulons des vœux qui n’engagent à rien quant à l’année qui vient… au moins, on sait qu’on ne perdra pas Johnny une seconde fois, c’est déjà ça.

Pierre Delorme et Floréal Melgar

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La chanson pêchée à la ligne

« Le charmant sociopathe avait toujours plein d’histoires rocambolesques à lui raconter alors qu’il trouvait la société de ses enfants – de gentilles personnes vaines comme des bibelots – ennuyeuse comme une chanson de la nouvelle scène française »

Cayre

Comme au cinéma,
Hannelore Cayre,

Métailié, 2012.

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Angot par K.O.

boxeDans son billet « Pourquoi ces deux-là ? »*, l’ami Pierre Delorme avait exprimé un point de vue qui aurait pu lui aussi choquer bien des groupies de Gauvain Sers, mais « Crapauds et Rossignols » est évidemment loin d’être en capacité de faire un buzz comparable à celui qui a mis le petit monde de la CFQ en émoi après la démolition en règle du clone de Renaud par Christine Angot dans l’émission télé de Ruquier.
Pas jaloux pour un sou des stars du petit écran, qu’il nous soit permis toutefois de revenir sur le sujet sans partager pleinement, encore une fois,  l’indignation outrée qui s’est emparée de ce petit monde au lendemain du sacrilège. Pour commencer, nous sommes d’accord sur un point : Madame Angot a toujours été particulièrement désagréable. Et le fait de s’être aperçu qu’elle pouvait aller jusqu’à être payée pour cela n’atténue en rien, bien sûr, cette évidence. Mais si l’on met de côté un instant la question de la forme, son propos ce soir-là n’avait rien de particulièrement scandaleux sur le fond, et peut même être partagé par des amateurs de chanson qui regretteront simplement que ledit propos ait été formulé avec cette violence.
Affirmer qu’à l’écoute de Gauvain Sers on pense illico à l’auteur dHexagone, et qu’on ne pense qu’à lui, que l’on se sent parfois plongé dans l’univers naïf, pour rester gentil, d’Amélie Poulain, relève plutôt d’un sens critique évident que d’un supposé désir de nuire, pour peu que ces choses-là soient dites autrement que sous la forme détestable qu’affectionne Mme Angot.
Une fois de plus, les réactions indignées, qu’on pourrait comprendre si elles ne s’en prenaient qu’à la seule méchanceté professionnelle de Christine Angot, montrent hélas une rigidité sectaire et une absence de sens critique chez nombre d’amateurs de chanson, prompts à élever les coqueluches d’un moment en vaches sacrées intouchables, à trouver des « poètes » à foison à chaque coin de scène, et à entrer en fureur si vous restez parfois dubitatif devant leurs emballements exagérés.
L’autre question que pose bien sûr cet événement est celui de la présence d’un artiste dans ce genre d’émission de merde, tout à la fois fosse aux lions et rigolodrome obligatoire. Tout est affaire de choix, dans la vie. Et s’il est sans doute compréhensible qu’on souhaite faire connaître son œuvre à un large public, on peut aussi, à tout accepter, y laisser un peu-beaucoup de sa dignité, surtout quand devant la violence d’une salariée de la médiocrité télévisuelle on se comporte, en guise de réaction, comme un petit garçon qui se fait gronder par sa maman. Etre un chanteur de gauche, c’est bien, il en faut pour satisfaire un certain public, mais cela demande aussi d’être à la hauteur en certaines circonstances. Et je songe alors à ce qu’aurait pu être la réaction d’une Colette Magny ou d’un Lény Escudero, même débutants, si la première Angot venue de l’époque leur avait parlé de cette façon…

Floréal Melgar

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 crapaudf

Floréal Melgar Cofondateur de Radio Libertaire. Animateur du Forum Léo-Ferré pendant dix ans.
 

Pierre Delorme Auteur-compositeur-interprète. Professeur à l'Ecole nationale de musique de Villeurbanne. 
 

rossignolfRené Troin Expert chanson sans assurance.

 



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LTG

Absents le temps d’un long week-end studieux, les trois gars n’ont pas voulu laisser leurs lecteurs sans nouvelles. Aussi en ont-ils écrit trois, inspirées par une ou des chansons de leur choix.

LTG

Durant la période dite trêve des confiseurs les trois gars furent mobilisés sur le front grand-parental,  une bonne excuse pour ne plus rien écrire, manger des chocolats et laisser tomber les lecteurs. Cependant, honteux de leur attitude cavalière, ils décidèrent de donner quand même un peu de lecture à leurs hôtes, sous la forme de trois contes de Noël. Trois contes dans lesquels vous retrouverez les aventures de Mingus et Younsouna, de Johnny-au-disque-d'or, et de Balthazar Brassens, Melchior Ferré et Gaspard Brel.  Les personnages et les situations de ces récits étant purement fictifs, toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite, il va sans dire...

Pierre Delorme

C’est Pierre qui a commencé en m’envoyant deux vers et en me mettant au défi d’en tirer une fable. Il faut dire que le nom du site poussait vers ce titre à la La (ah ! là là !) Fontaine : « Le crapaud et le rossignol ». Je m’y suis donc collé. Après quoi (coâ) Pierre s’est pris à son propre jeu. Et Floréal ? Il a fini par sortir du bois (où chante le rossignolet) pour aller droit au but.

René Troin